Fiévreuse ruée vers l’or noir
Créé le 26.02.08 à 23h50
Mis à jour le 27.02.08 à 07h29
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CINEMA- Daniel Day-Lewis brûle l’écran dans «There Will Be Blood», de P.T. Anderson...
Ça va saigner. «There Will Be Blood», indique le titre en VO. Tout cela dans le seul but de faire vibrer le spectateur deux heures trente-huit durant, en brossant le portrait d’un salaud. C’est le défi relevé haut la main par Paul Thomas Anderson, qui signe là un chef-d’œuvre.
Le personnage principal, prospecteur de pétrole au cœur sec au début du XXe siècle, n’aime rien mieux que l’argent, ou une certaine forme de puissance, et n’est pas trop regardant sur les moyens d’en obtenir. Il ment, il exploite, il abandonne, il maltraite et ne se sent pas plus mal pour autant. Comment cet être malveillant peut-il devenir passionnant? Et même, par certains côtés, attachants? Le responsable n’est autre que Daniel Day-Lewis, plus intense que jamais dans une prestation qui lui a valu un nouvel oscar, ô combien! mérité. L’acteur vit son rôle avec une énergie dépourvue d’artifice et de concession, arpentant des paysages hostiles dans leur immensité aride. Couvert d’or noir ou tiré à quatre épingles, Day-Lewis donne vie à une incarnation maléfique du rêve américain.
Le réalisateur de Boogie Nights, Magnolia et Punch Drunk Love oppose à ce capitaliste impénitent un prédicateur aussi allumé que lui. Paul Dano, découvert dans Little Miss Sunshine, tient tête à son partenaire en personnalisant la religion, contre-pouvoir aussi effrayant que le roi dollar. Ce duo insuffle sa folie à une adaptation brillante du roman Pétrole ! d’Upton Sinclair. P.T. Anderson y révèle les fondations d’une Amérique en devenir.
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