CONSOMMATION – Pour comprendre les fortes augmentations dans l’alimentaire, le gouvernement a lancé mardi une enquête sur les prix…
En matière de flambée des prix alimentaires, personne ne veut prendre ses responsabilités. Les producteurs accusent les distributeurs, les industriels accusent la conjoncture mondiale, les distributeurs attaquent
l’enquête de «60 millions de consommateurs», tandis que les politiques essayent d’y voir clair dans ce grand maelström.
Le gouvernement a lancé mardi une enquête dans le cadre de son opération «coup de poing» contre les hausses des prix des produits alimentaires dans les grandes surfaces. Nicolas Sarkozy s’est montré très offensif, promettant de «porter le fer là où ça fait mal». La Direction générale de la concurrence et de la consommation (DGCCRF) devra vérifier les prix d’achat et de vente des produits alimentaires dans les centrales d’achat et la grande distribution. Objectif: savoir précisément qui tire profit de la hausse des prix.
Luc Châtel, secrétaire d’Etat à la Consommation, a réagi sous la forme d’une vidéo DailyMotion, sous-titrée «un ministre en colère».
Une enquête réalisée uniquement sur le Web
L’enquête du magazine «60 millions de consommateurs», que brandit Luc Châtel et qui relève des augmentations de prix jusqu’à 48%, est très contestée par la grande distribution et par les marques. La marque de jambon Fleury-Michon, épinglée dans l’étude, dénonce la méthodologie de l’enquête, qui a été effectuée à partir des prix des magasins en ligne «alors que 99,8% des ventes [de Fleury-Michon] sont réalisées dans les grandes surfaces». Le groupe Auchan, dont les prix ont aussi été critiqués, indique que ses références n’ont augmentées que de 2,54 % entre novembre et janvier, période de l’enquête.
Du côté des agriculteurs, qui sont ménagés par le gouvernement, on estime que les fautifs sont les distributeurs. La Fédération nationale porcine en a appelé mardi dans un communiqué «à l’autorité et à l’action de l’Etat pour mettre fin à des pratiques assimilables à du racket, afin de rétablir des conditions de négociations commerciales plus équilibrées».
Le lait, comme le pétrôle
Les industriels justifient les hausses de tarifs par les tensions sur le marché international. Olivier Picot, président de l’Association de la transformation laitière française estime que les consommateurs vont devoir se faire à la hausse des étiquettes. «Le tarif du lait varie comme celui du baril de pétrole. Quand la demande mondiale est trop forte, tirée par les pays émergents, le prix du lait augmente mécaniquement», explique t-il à 20minutes.fr. Au premier trimestre 2008, la hausse des cours atteint 37%.
V.G. (avec agence)