Paris-Dauphine monnaye cher ses diplômes

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Publié le 25 février 2008.

UNIVERSITES - Paris-Dauphine a voté lundi soir une hausse conséquente de ses droits de scolarité, malgré l'avis du Conseil d’Etat...

L’université Paris-Dauphine (16e) voulait aller jusqu’à quadrupler les frais d’inscription pour un quart de ses étudiants à partir de la rentrée 2009. Son conseil d’administration lui a donné raison en votant lundi soir cette réforme, avec 48 voix pour, 5 contre, et 4 abstentions. Un vote contre l’avis des plus hautes instances. «On avait distribué en début de réunion l’avis défavorable qu’a rendu le Conseil d’Etat le 19 février. Ils sont passés en force!», explique Léa, étudiante en master à Dauphine.

Laurent Batsch, président de cette faculté de gestion renommée, en appelle désormais à Valérie Pécresse pour débloquer la situation. Pourtant, la ministre de l’Enseignement supérieur ne cesse de rappeler que le projet de Dauphine est illégal. «Nous avons la ferme intention de faire respecter la loi», nous a confirmé lundi soir un conseiller.

De 1.650 à 3.000 euros

Concrètement, deux mille étudiants (sur 8.000) sont inscrits à Dauphine en diplômes universitaires (DU), les filières maison, non reconnues par l’Etat. De 350 € à 400 € l’année en moyenne, les droits de scolarité pour y prétendre devraient donc grimper jusqu’à 1.650 € en licence et 1.850 € en master 1 en fonction du revenu des parents. Et le coût du master 2 devrait s’échelonner de 1.000 € à 3.000 € en fonction des futurs salaires escomptés des étudiants.

>>>> Jean-Baptiste Prévost, président de l'Unef, réagit pour «20 Minutes». Son interview est ici...


En compensation, le président promet de quasi-doubler le nombre de boursiers exonérés des frais d’inscription. Ils sont 12,5% aujourd’hui. Pourtant, cette faveur ne figure pas noir sur blanc dans le document de travail daté du 11 janvier que «20 Minutes» s’est procuré. Pourquoi aller piocher ainsi dans la poche des étudiants, alors que la fac est financée à 85% par l’Etat? «Pour améliorer les conditions de travail de tous et porter des projets nouveaux», affirme le document de travail. «Dauphine aura les moyens d’embaucher de meilleurs profs, de communiquer davantage auprès des recruteurs», insiste Olivier Vial, de l’UNI, syndicat étudiant de droite. De là à imaginer que l’ensemble des 82 universités françaises, elles aussi en mal d’euros frais, s’engouffrent dans la brèche…
Laure de Charette
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