SALON DE L'AGRICULTURE - Quelque 600.000 visiteurs sont attendus pour la 45e édition de la célèbre manifestation
Veaux, vaches, cochons, etc, investissent la capitale. A partir de samedi et jusqu'au 3 mars, plus de 4.500 animaux doivent prendre leurs quartiers dans la «plus grande ferme de France». Pour sa 45e édition, le
Salon de l'agriculture, qui ouvre ses portes porte de Versailles à Paris, accueille plus de 1.000 exposants de 30 nationalités différentes et quelque 600.000 visiteurs.
Le succès du Salon de l'agriculture, bénéficiaire depuis 2 ans grâce à un chiffre d'affaires de 15 millions d'euros en 2007, ne se dément pas. Que viennent chercher les Français dans la traditionnelle grand-messe agricole, qui, cette année met un coup de projecteur sur la production végétale?
Une vitrine exceptionnelle
«Il existe un vrai enjeu de communication pour promouvoir notre métier auprès du grand public», explique-t-on au
syndicat des jeunes agriculteurs. L'idée: revaloriser l'image d'un secteur et rassurer les consommateurs rendus méfiants par les crises agricoles successives, de la vache folle à la grippe aviaire. Mais la bataille de l'image se joue aussi à l'intérieur de la profession. Les prix et concours généraux constituent pour les exploitants un moyen unique de valoriser la qualité de leur production.
La première vitrine agricole vise aussi à susciter des vocations pour un métier touché par le papy-boom. «On aura besoin de bras dans les filières horticoles, les abattoirs», assure Christiane Lambert, vice-présidente de la
FNSEA. Dopée par la bonne tenue du marché céréalier, la profession devient plus rémunératrice, donc plus attractive.
Une tribune politique
Mais le salon de l'agriculture est surtout l'occasion pour les agriculteurs de faire entendre leur voix auprès des pouvoirs publics. «Aucun Salon n'offre une tribune politique si importante, assure Béatrice Collet. Beaucoup d'organisations louent des stands avant tout pour faire du lobbying».«Tous les hommes politiques vont venir nous voir en une semaine, c'est l'occasion de faire passer des messages», confirme-t-on au syndicat des jeunes agriculteurs.
Le discours prononcé par Nicolas Sarkozy samedi matin était attendu de pied ferme par les agriculteurs, soucieux de connaître les engagements du président concernant la politique agricole commune, alors que la France doit prendre la tête de l'Union européenne en juillet. «Apportant 9 milliards d'euros à la balance commerciale française, et totalisant 14% des emplois, l'agriculture est une grande entreprise pour la France, insiste Christiane Lambert. Le président doit défendre la persistance d'une politique agricole commune. Alors que l'agriculture doit remplir un défi à la fois écologique, climatique et alimentaire, on ne peut pas supprimer les outils de régulations ni transformer les frontières en passoire.» Grenelle et les OGM devraient aussi être au coeur des débats. Inconditionnel de l'évènement, Jacques Chirac a annoncé sa venue au salon mardi prochain.
Anne-Noémie Dorion