Jacques Peyrat: «Ma passion pour Nice est intacte»

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Publié le 22 février 2008.

NICE - Jacques Peyrat, le maire sortant, ne compte pas laisser son fauteuil à Christian Estrosi, candidat officiel de la majorité présidentielle...

Maire sortant de Nice, élu depuis 1995, Jacques Peyrat ne compte pas laisser son fauteuil à Christian Estrosi, candidat officiel de la majorité présidentielle. A 76 ans, l’ancien avocat met en avant son bilan et déplore les méthodes utilisées par ses adversaires. Interview.

Quel bilan tirez-vous de vos deux mandats ?
En treize ans, on a fait un travail extraordinaire : les collecteurs d’eaux pluviales et usées, les travaux sur la promenade des Anglais ou d’aménagement des places, le tramway, l’autoroute urbaine, l’université,.. Ce que je retire comme enseignement, c’est la lenteur des réalisations due aux obstructions des uns et des autres et à tout ce qui vient retarder l’exécution des travaux. La première rame du tramway, il m’aura fallu douze ans et demi pour la réaliser sur 8,7 kilomètres.

Les travaux ont provoqué d’importantes polémiques. Les Niçois s’en sont-ils emparés depuis sa mise en service ?
Oui complètement. Il y a sept mois, un sondage montrait un rejet du maire, mais aujourd’hui, il ne semble plus se vérifier car entre-temps, le tramway est entré en exercice. Dès le premier jour, nous avons fait 40.000 passagers et nous avons transporté en cinq semaine deux millions de passagers, c’était notre objectif en un an d’exercice. Cela répondait à un besoin.

Quels chantiers restent à mener ?
C’est une des raisons pour lesquelles je me représente: aucun de mes adversaires n’envisage de continuer cette œuvre. Nous avons fait 75 % de ce que nous avions prévu. Il reste le grand stade, le grand aménagement urbanistique à l’épicentre de Nice, la dernière tranche d’aménagement de la promenade des Anglais avec un grand hôtel pour forcer le destin touristique de la ville, et il faut enfin se décider au sujet du port de Nice.

Quels sont les éléments qui vous ont poussé à vous représenter ?
Je suis venu à la politique tardivement et préoccupé par sauver Nice de la ruine après la fuite de Jacques Médecin. Tout ce que j’ai pour Nice, c’est par passion, et cette passion est intacte. Si j’avais trouvé chez ces «repreneurs », y compris celui issu de mon propre camp, peut-être aurais-je passé la main. Mais ce n’est pas le cas. Par exemple, je ne sens aucune volonté chez mes trois adversaires principaux de faire une deuxième ligne de tramway.

Vous avez été surpris de la manière dont on a voulu vous évincer ?
J’ai été choqué, du fait même de la vouloir. Pas de la gauche, mais de la part de quelqu’un qui me semblait encombré par les mandats, sans m’avoir consulté et ayant même dit le contraire.

Allez-vous faire des alliances au premier tour ?
Je n’ai ni stratégies, ni alliances. Des alliances à gauche ? Ce n’est pas pensable. Dans mon propre parti ? je suis désavoué et suspendu. Aller vers le Front national ? Il n’en est pas question.

Le duel à droite peut-il profiter à la gauche
La réponse est non. La gauche a trop de retard et elle est divisée. Ce sera entre le maire sortant et son challenger issu de la même obédience politique. A droite, le déchirement est très mal vu.
Recueilli par David CARZON
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