Jérôme Kerviel et le courtier d'une filiale de la Société Générale à qui il passait une partie de ses ordres, ont été entendus séparément jeudi par les juges, au lendemain d'un rapport de la banque excluant «à ce stade» toute complicité dont aurait pu bénéficier le trader.
Le jeune homme de 31 ans, en détention provisoire depuis deux semaines, a été entendu pendant plus de quatre heures dans l'après-midi par les juges Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset, pour la troisième fois depuis sa mise en examen le 28 janvier, selon des sources proches du dossier.
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Les magistrats cherchent à reconstituer les mécanismes de la fraude qui ont permis à Jérôme Kerviel de dissimuler les positions gigantesques qu'il avait prises en bourse et dont le coût définitif pour la banque atteint 4,911 milliards.
1.600 pages de messages
Témoin assisté dans le dossier, ce courtier a été entendu pour la première fois sur le fond du dossier dans la matinée notamment sur sa correspondance par messages électroniques instantanés (chats) avec Jérôme Kerviel.
Ces messages, qui représentent 1.600 pages entre septembre 2007 et janvier 2008, laissent supposer que le courtier pourrait avoir eu connaissance des agissements du trader. Il n'est pas mis en cause dans l'enquête.
Pour son avocat, Jean-David Scemama, «cette audition a permis de confirmer que (son) client a respecté toutes les règles, qu'il n'avait aucune connaissance d'agissements anormaux et qu'a fortiori il n'a concouru à la commission d'aucune infraction».
Un responsable du desk «Delta 1» convoqué
«Il continuera à concourir à la manifestation de la vérité, librement, sous l'emprise d'aucune contrainte, pas même de son employeur», a déclaré l'avocat du courtier, toujours salarié de Newedge.
Selon une source proche du dossier, les magistrats devraient prochainement convoquer l'un des responsables du desk «Delta 1» où travaillait Jérôme Kerviel.