
EXPLICATION DE TOILE – Entre les calices et les ciboires anciens, le retable de Keith Haring a étonnamment bien trouvé sa place...
Entre les calices et les ciboires anciens, le retable de Keith Haring a hier étonnamment bien trouvé sa place. Réalisé en 1990 par le peintre américain, le rutilant triptyque a été prêté par une église parisienne, pour la rétrospective que le Musée d'art contemporain (MAC) consacre à l'artiste. «L'église Saint-Eustache cédait l'oeuvre à condition qu'elle ne soit pas exposée dans un lieu classique et profane», explique Bernard Berthod, conservateur du musée de Fourvière, désigné pour l'héberger. «Elle aurait pu prendre place dans la crypte de la Basilique, mais elle n'aurait pas été mise en valeur au milieu de toute cette décoration XIXe très chargée», ajoute Manuelle-Anne Renault, assistante de conservation.
Particulièrement lourd, fait de bronze et recouvert de fines feuilles d'or blanc, le triptyque représente la montée de Jésus vers les cieux. Pour figurer le Christ, l'artiste a choisi de placer au coeur de l'oeuvre une de ses célèbres figures, le bébé radiant, entouré d'anges quelque peu agités. Et devant le montage du retable, le débat s'est ouvert. « Keith Haring avait une façon assez subversive de voir la société », a rappelé Nathalie Janin, assistante au MAC. «Mais Jésus était subversif!», a répondu Bernard Berthod.
Selon lui, cette exposition est une opportunité pour faire venir à Fourvière les amateurs d'art contemporain «qui imaginent ne voir ici que des bondieuseries». Le triptyque réalisé par Keith Haring, l'année de sa mort, évoque ainsi en contexte l'élan mystique qu'il a connu à la fin de ses jours.
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publié le : 10-02-2010 01:40
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