Ne pas se laisser embrigader dans la polémique. Nicolas Sarkozy a dû monter au front, hier, pour tenter d'éteindre l'incendie provoqué par les propos radicaux de sa directrice de cabinet Emmanuelle Mignon sur les sectes. En déplacement dans le Pas-de-Calais, le chef de l'Etat a affirmé : « Ma position a toujours été claire : les activités sectaires sont inacceptables, inadmissibles et il faut faire preuve de la plus grande fermeté. » Des déclarations censées rattraper celles tenues puis démenties partiellement par Emmanuelle Mignon dans VSD, estimant que les sectes sont « un non-problème » et s'interrogeant sur la présence de la scientologie dans la liste des sectes dressée par le Parlement.
Sarkozy, qui avait accueilli en grande pompe en 2004 l'acteur américain Tom Cruise, chantre de la scientologie, a refusé hier de prendre position concernant ce mouvement. « Ce n'est pas à moi de dire si la scientologie est une secte, il y a une commission pour cela », a-t-il déclaré. Dans la foulée du Président , François Fillon a lui aussi désavoué Emmanuelle Mignon, annonçant qu'il allait « renforcer » les moyens de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. L'opposition a tiré à boulets rouges sur la directrice de cabinet, craignant une remise en cause étape après étape de la laïcité à la française. Un dérapage sur les sectes, qui survient après les deux discours de Nicolas Sarkozy à Rome puis à Riyad, où il avait mis en avant l'importance de la foi.
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