La lecture du dernier Manifeste des municipales 20 Minutes-LH2-RMC peut surprendre. Invités à classer les meilleures initiatives de maires en matière de sport, les Français ont placé en troisième position le dispositif suivant, lancé en 2002 par la mairie de Longjumeau (91) : « Apprendre à nager à tous les jeunes. » Autant dire rien d'original.
A première vue en tout cas. Car à y regarder de plus près, les sondés ont surtout du bon sens. L'opération « Zéro non nageur » ruisselle en réalité d'enjeux sociaux. Explication de Sébastien Nolesini, directeur des activités sportives de la commune : « Ne pas savoir nager est un facteur d'exclusion. Ces enfants ne peuvent pas participer aux activités de la ville comme la plongée, la voile ou le water-polo. Or, on s'est aperçu que les enfants ne sachant pas nager sont presque tous issus des quartiers défavorisés. Ils ne vont pas à la mer ni aux cours particuliers, trop coûteux. »
Ces jeunes sont détectés au moment des séances scolaires de piscine. « On leur propose une heure de cours gratuit par semaine pendant un trimestre, de la grande section de maternelle jusqu'au CM2 », explique Cédric Pellicer, le directeur de la piscine. Résultat, seuls 7 % des 1 800 enfants des écoles ne savent pas nager, contre 33 % en 2002.
Mardi, 17 h, piscine Chichignoud à Longjumeau. Melissa, élève de CM2, va se laisser glisser dans l'eau, pour suivre un parcours calibré pour l'apprentissage de la natation. On interroge benoîtement Melissa sur la difficulté de l'exercice. Elle lève alors les yeux, tente de vous dévisager à travers ses lunettes de plongée. « Pff ! A la piscine, rien n'est difficile ! », lâche-t-elle. Facile à dire, quand on habite Longjumeau.