Deux jours avant les Américains, c'est notre cinéma qui sera mis en valeur ce soir au théâtre du Châtelet, au cours des traditionnels Césars. Une compétition très ouverte cette année, même si l'on n'imagine pas le prix d'interprétation féminine échapper à Marion Cotillard ou celui du premier film à Persepolis. Gare, toutefois : les votants de l'Académie des Césars sont imprévisibles. Après avoir, pendant des années, optés pour des récompenses consensuelles, ils ont élus des films d'auteur ces quatre dernières années : Rois et reines en 2004, L'Esquive en 2005, De battre mon coeur s'est arrêté en 2006, et surtout Lady Chatterley en 2007. Un film qui, face aux très populaires Ne le dis à personne, Indigènes ou Quand j'étais chanteur, a pu connaître ensuite un vrai succès public.
Il n'y a pas de telle frontières entre « gros » et « petits » films cette année. La Môme, Un secret, Persepolis, La Graine et le Mulet, Le Scaphandre et le Papillon ou Les Témoins ont tous en commun d'avoir déjà rencontré leur public, avant la cérémonie. Le match sera d'autant plus serré. Et au moment où la Nuit des Césars focalisera l'attention des professionnels du cinéma, des centaines de salles partout en France baisseront le rideau de la séance de 21 h, afin d'organiser des débats et traduire les inquiétudes qui, depuis plusieurs mois, traversent le secteur de l'art et essai.