Candidat et journaliste, frères ennemis ? « Ce n'est pas nous qui choisissons ce qui sort d'une interview, constate Jacques Rocca-Serra (Nouveau Centre), qui mène campagne avec Jean-Claude Gaudin (UMP). Souvent le journaliste prend les 10 % qui l'intéressent. Mais moi, j'ai d'excellents rapports avec la presse, je ne la sollicite pas : en économisant les papiers, je dure... »
Jean-Luc Bennahmias, tête de liste MoDem et ex-journaliste, entretient un rapport plus charnel : « Je ne me laisse pas faire. J'appelle parfois un journaliste pour l'engueuler. Après, ça va mieux. » Problème récurrent évoqué par les candidats : un traitement inéquitable de l'info. « Tous les journalistes marseillais sont de gauche », lançait il y a quelque temps le directeur de cabinet de Jean-Claude Gaudin. « On a un mal fou à passer dans les journaux, répond Armelle Chevassu, porte-parole de « Marseille contre-attaque à gauche ». A quelques exceptions près, la presse ne parle que du combat des chefs. » « J'ai l'impression de servir de plan de coupe en ce moment », ironise Jean-Luc Bennahmias.
« Il n'y a pas assez d'investigation, mais la campagne permet d'approfondir les sujets, remarque Jean-Marc Coppola (PC). De toute façon, on sait que l'on ne peut compter que sur nous-mêmes. » Sentiment partagé par Samia Ghali, tête de liste PS (8e secteur) qui n'a pas apprécié une interview où « on ne m'a parlé que de mes origines ». « On ne gagne pas avec un article, assure-t-elle, mais sur le terrain. »