Appel à la manifestation des élus parisiens
Créé le 21.02.08 à 10h57
Mis à jour le 21.02.08 à 19h11
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REACTIONS - La polémique enfle au sujet des propos de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy sur les sectes...
Emmanuelle Mignon
a beau avoir tenté de rectifier le tir, la polémique enflait ce jeudi après
les propos que lui a attribués le magazine «VSD» sur les sectes.
Une manifestation «pour le respect de la laïcité»
Les élus parisiens ont appelé jeudi à manifester devant les siège de la scientologie vendredi à 11h30, «pour le respect de la laïcité et pour la défense des concitoyens contre les dérives sectaires».
Plus tôt dans la journée, Bertrand Delanoë, avait appelé, le gouvernement à ne faire preuve d'aucun «laxisme avec la dérive sectaire». Dans un communiqué, le maire, candidat à sa réélection, a estimé que les propos attribués à la directrice de cabinet du chef de l'Etat «reflètent de la part de ce gouvernement un esprit de confusion dont on peut se demander s'il n'est pas programmé». «Le respect de la laïcité et de la pratique religieuse ne s'accommode d'aucun laxisme avec la dérive sectaire», a-t-il encore affirmé.
Une nouvelle commission d'enquête sur les sectes?
De son côté, le député UMP souverainiste, Jacques Myard, a demandé la création d'une nouvelle commission d'enquête sur les dangers des sectes, «notamment dans les domaines médical et paramédical». «Il est, plus que jamais, nécessaire de poursuivre et d'approfondir les travaux engagés par l'Assemblée nationale lors de trois commissions d'enquête sur ce sujet très sensible », a-t-il déclaré. Pour lui, «les mouvements sectaires, par leurs dérives, restent dangereux dans la mesure où ils utilisent des méthodes cachées pour parvenir à leurs fins».
Fillon rassurant
François Fillon se veut pourtant rassurant: «La France a une politique en matière de sectes qu'elle conduit et qu'elle continuera à conduire, avec une mission interministérielle qui est sous l'autorité du Premier ministre et qui restera sous l'autorité du Premier ministre», a-t-il déclaré lors d'une visite de soutien à Françoise de Panafieu.
Concernant la
Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), il a indiqué qu'il n'y aurait «aucun changement». Quant au président de la Miviludes, Jean-Michel Roulet, il a estimé «très important qu'il y ait unanimité de la classe politique» sur le problème des sectes en France, après la mise en point de Nicolas Sarkozy.
«S'exprimer, c'est un métier»
L'ancien Premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin a tancé la collaboratrice de Nicolas Sarkozy, en soutenant sur LCI que «s'exprimer, c'est un métier». «On ne passe pas de l'ombre à la lumière sans éclat et donc ce genre de polémique, on s'en passerait surtout en période électorale», a estimé le sénateur UMP.
Il a estimé qu'il ne fallait pas supprimer la
Miviludes. «Les sectes sont un phénomène préoccupant en France comme en Europe» et il faut «traiter ce sujet avec gravité», a ajouté Jean-Pierre Raffarin.
Ségolène Royal (PS) a également estimé sur France 2 qu'il fallait «que le gouvernement redevienne sérieux», pointant des «dérapages sur tous les sujets», après notamment des propos controversés de la secrétaire d'Etat Rama Yade.
«On ne sait plus qui gouverne»
Jugeant les propos d’Emmanuelle Mignon «totalement irresponsables», l’ex-candidate à la présidentielle s’interroge sur leur «légitimité». «On ne sait plus qui gouverne, est-ce que ce sont les conseillers de l'ombre, les ministres ? C'est au Premier ministre de s'exprimer sur cette question», a-t-elle ajouté.
Corinne Lepage, tête de liste pour le Modem dans le 12e arrondissement de Paris, a quant à elle déclaré être «extrêmement choquée» et «scandalisée». «Je me demande si on ne va pas créer un secrétariat d'Etat pour Tom Cruise, à la scientologie et au développement des sectes en France, ce serait dans une certaine logique», a-t-elle ironisé.
C. F. et Sa. C. avec agence
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