« Il s'agit là d'une tentative d'assassinat, on ne peut pas parler d'autre chose. » C'est ainsi que la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a qualifié hier le mitraillage survenu mardi soir contre le palais de justice d'Ajaccio. « C'est un acte qui aurait pu avoir des conséquences extrêmement graves puisque l'un des tirs a touché un policier, sans le blesser », a-t-elle expliqué. En effet, une balle s'est fichée dans le portefeuille d'un CRS, sans le traverser. Au total, selon les premières constatations de police, près de vingt projectiles ont été tirés sans faire de blessés, quinze ayant touché la façade du bâtiment.
Même si la volonté de tuer n'est pas avérée, policiers, magistrats et hommes politiques évoquent une « montée en puissance », « une escalade de la violence » et redoutent d'avoir bientôt « un bonhomme au tapis », selon des propos rapportés par l'AFP. « Les balles ont volé si près que les CRS n'ont échappé aux tirs qu'en se jetant à terre », d'après le procureur de la République d'Ajaccio.
Une reconstitution s'est déroulée hier matin sur les lieux de l'attentat et a mis en évidence une action commando bien préparée : une voiture puissante, une arme de guerre et une fuite extrêmement rapide.
Hier, les forces de l'ordre s'interrogeaient sur la signification de cet attentat qui n'a pas été revendiqué. Mais selon des magistrats locaux, l'institution judiciaire « fait face à un groupuscule qui lui en veut ». Le palais de justice d'Ajaccio a été mitraillé il y a trois mois.