CONFLIT - Guillaume Pepy a été nommé au conseil d'administration de la société, mercredi. Il prendra la présidence…
Anne-Marie Idrac ne sera restée vingt mois à la tête de la
SNCF. L’actuelle présidente du groupe a subi un revers de taille, mercredi, avec la nomination par François Fillon de Guillaume Pepy, numéro 2 de la SNCF, au conseil d’administration. Une consécration pour cet homme du sérail, âgé de 49 ans, qui ouvre la voie à sa désignation comme président de la compagnie ferroviaire.
Guillaume Pepy, directeur général exécutif depuis 2003, ne cachait pas son envie de prendre enfin les rênes de la maison. Peu avant l'annonce, le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, avait d’ailleurs souligné que «la couleur politique à un poste comme celui-là (n'était) pas forcément le critère déterminant de choix», allusion au fait que Guillaume Pepy avait travaillé dans plusieurs cabinets ministériels de gauche, dont celui de Martine Aubry en 1991.
Passe d’arme avec Nicolas Sarkozy
Guillaume Pepy aurait bénéficié du soutien de Xavier Bertrand, ministre du Travail, qui l'a côtoyé étroitement lors des dernières négociations sociales, selon l’AFP. De même, ses talents de négociateur, qui ont largement contribué à faire passer la réforme du régime spécial de retraite des cheminots et le service minimum, auraient été très appréciées.
En revanche, ce remplacement sonne comme un camouflet pour Anne-Marie Idrac qui paye sans doute en partie une vive passe d'armes avec Nicolas Sarkozy, alors en campagne présidentielle, sur le service minimum. Evoquant le dossier du service minimum, elle dit préférer «la prévention, le dialogue dans la gestion des affaires» plutôt que la loi. La réponse du candidat Sarkozy est cinglante: «la présidente de la SNCF fera ce que son actionnaire lui dira de faire. Si elle n'est pas d'accord, elle en tirera certainement toutes les conséquence». On les a tiré pour elle.
Sa. C. avec agence