REACTIONS – La réforme de l'école primaire fait des mécontents, notamment chez les syndicats d’enseignants…
La réforme de l'école primaire,
détaillée mercredi matin par Xavier Darcos, fait des mécontents, notamment chez les syndicats d’enseignants. Tour d’horizon des premières réactions.
Eric Ferrand, adjoint au Maire de Paris chargé de la vie scolaire:
«L'école maternelle est complètement oubliée dans les nouveaux programmes de Xavier Darcos. Or, on y prépare à l'apprentissage des savoirs fondamentaux. La baisse du nombre d'heures (24 au lieu de 26) ne nous rassure pas non plus, tout comme la suppression de 11.200 postes à la rentrée 2008 dans l'Education nationale.»
Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU (majoritaire):
«L'enseignement à l'école élémentaire, c'est un équilibre, tout est important. De façon générale, les nouveaux programmes mettent beaucoup l'accent sur le "par coeur", l'apprentissage des règles, les automatismes... C'est très important, et les enseignants du primaire ont à coeur de travailler dessus, mais on ne peut pas faire qu'un enseignement ne soit que ça. On prive l'élève de la joie de grandir, de découvrir, on vole leur enfance aux élèves». Xavier Darcos «dit qu'il n'impose pas de pédagogie, mais en réalité il impose des choix, des règles. Par exemple les consignes sur "la rédaction" sont détaillées sur seulement cinq lignes dans les programmes, tandis que l'étude de la grammaire et de la conjugaison occupent une page entière».
Luc Bérille, secrétaire général du SE-Unsa, deuxième organisation dans le primaire:
«C'est une vision très mécanique de l'apprentissage, qui ne prend pas en compte ce qu'est un enfant et comment il apprend. Cette vision de l'apprentissage, sur le modèle de l'éponge, était appliquée dans les années 1950. Depuis, on a appris des choses sur les mécanismes d'apprentissage, mais ces propositions n'en tiennent absolument pas compte. On revient plusieurs décennies en arrière». Sur la publication des résultats des écoles primaires: «On met les écoles en concurrence entre elles sur leurs résultats supposés, dans une logique qui va flatter le consumérisme».
Le Sgen-CFDT (3e organisation) a exprimé dans un communiqué son inquiétude quant à «un ordonnancement très disciplinaire des notions à aborder. (...) Sans (un) effort de transversalité, on risque d'aboutir non pas à un recentrage sur les fondamentaux mais à un rétrécissement autour des compétences opératoires, générateur d'ennui et donc d'échec». «Pour la réussite de l'élève, l'ambition première des programmes doit être de développer la curiosité de l'enfant.»
Avec agence