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« C'est la fin d'un système »

André Santini le 1er octobre 2007 à Paris
André Santini le 1er octobre 2007 à Paris/Thomas Coex AFP/Archives

INTERVIEW - André Santini, secrétaire d'Etat chargé de la Fonction publique, réceptionne aujourd'hui un rapport sur les concours...

André Santini, secrétaire d'Etat chargé de la Fonction publique, réceptionne aujourd'hui un rapport sur les concours.

Un rapport sur les concours de la fonction publique d'Etat vous est remis aujourd'hui. Quel constat dresse-t-il ?

Le rapport Desforges nous éclaire pour améliorer les concours de l'Etat, qui doivent poursuivre deux objectifs: fournir à l'administration des profils adaptés à ses métiers, et assurer la représentativité des effectifs de fonctionnaires par rapport à la population. Il souligne que nous sommes arrivés à la fin d'un système. Aujourd'hui, les concours de la fonction publique servent à sélectionner, pas à recruter. Par exemple, ceux de catégorie C et B (niveau bac) prévoient actuellement des questions de droit public, alors même que les élèves ne sont pas censés étudier le droit avant le bac.

Comment remédier au problème des surdiplômés recrutés par la fonction publique ?

Je veux être très clair, nous ne voulons pas remettre en cause le principe du concours mais repenser ses modalités. Ceux organisés par l'Union européenne pour recruter ses personnels sont intéressants, ils reposent sur des mises en situation permettant d'utiliser les compétences, et non sur des épreuves académiques.

L'Etat français pourrait s'en inspirer, ou organiser des tests d'habileté comme le fait l'ANPE ?

Oui. Des grandes enseignes du privé organisent déjà des épreuves de simulation pour recruter. On demande au candidat à un poste dans la distribution d'organiser un rayon. Dans la fonction publique, on doit pouvoir trouver des systèmes équivalents. Par exemple, pourquoi ne pas demander à une candidate au poste de secrétaire d'organiser une réunion ou de mettre en forme du courrier ?

Cela demande une organisation nouvelle ?

C'est surtout un changement de culture qui s'impose. Une professionnalisation plus grande des jurys permettrait également de sélectionner sur les compétences plutôt que sur les connaissances.

Faut-il envisager de former les fonctionnaires en amont, en créant des filières universitaires ou des bacs professionnels à l'image de celui sur les métiers de la sécurité créé avec le ministère de l'Intérieur ?

C'est une piste intéressante. Le rapport propose, par exemple, de créer un bac professionnel « métiers de la fonction publique » afin de lutter contre le phénomène des surdiplômés. Nous devons en parler avec le ministère de l'Education nationale. Cela aurait ainsi pour effet d'améliorer la diversité des effectifs.

Recueilli par Stéphane Colineau
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