LA ROCHELLE - Il met en cause l'attitude de la direction dans une lettre...
Un cadre de La Poste de
La Rochelle âgé de 49 ans s'est suicidé le 15 janvier dernier, mettant en cause dans une lettre l'attitude de sa direction.
«Le suicide d'un cadre de La Poste, expliquant son geste par l'attitude de la direction de l'entreprise publique, est choquant, mais hélas, ne surprend pas», a réagi la fédération Sud PTT.
Manque de congés
Le quotidien «
Aujourd'hui en France» a reproduit vendredi une lettre manuscrite adressée au président de la Poste, Jean-Paul Bailly, dans laquelle le cadre, qui était directeur de la sûreté des bureaux de la Charente-Maritime, l'informe que son «suicide est en totalité dû à La Poste», évoquant notamment le manque de «congés, si ce n'est le vendredi pour travailler chez moi».
La direction nationale de la Poste a indiqué avoir reçu mercredi soir un courrier de la famille, accompagné de la lettre laissée par le cadre. «Nous souhaitons d'abord répondre à la famille», a précisé une porte-parole.
Mis à l’écart
Ce cadre a «très mal supporté d'être mis à l'écart», a affirmé Philippe Duban, de la CGT PTT de Charente-Maritime. Selon lui, il venait d'apprendre que dans le cadre d'une restructuration, il n'assurerait pas la fonction de coordinateur pour la sûreté pour les deux départements de la Charente-Maritime et des Deux-Sèvres, son collègue de Niort ayant été choisi.
«C'est un homme qui travaillait bien, consciencieux. Il s'est senti un peu mis sur la touche et a mal vécu cela», a souligné Philippe Duban. «Je pense sincèrement que c'est en grande partie à cause de cela» qu'il s'est suicidé, même s'il avait d'importants problèmes personnels depuis deux ans, a-t-il ajouté.
«Management par le stress»
Sud-PTT a dénoncé des «réorganisations permanentes» avec des «objectifs commerciaux démesurés» et un «management par le stress» à La Poste. Le syndicat compte convoquer le CHSCT (comité d'hygiène et sécurité) «pour demander à la direction de prendre ses responsabilités». «A la demande de la famille, nous allons chercher à faire reconnaître ce suicide comme un accident du travail», a déclaré Régis Blanchot.
Selon lui, un accord signé fin 2005 avec les syndicats prévoyait la création d'un observatoire du stress qui n'a toujours pas vu le jour. La directrice prévention, santé et sécurité au travail de La Poste, Brigitte Bancel Cabiac, a précisé que le groupe avait plutôt opté pour un dispositif d'évaluation et de suivi du stress professionnel via les 153 médecins du travail, qui devrait être mis en place courant 2008.
«Dès 1998-1999, La Poste a réfléchi au stress au travail, avec d'abord des actions envers les postiers agressés, puis en 2001 envers les agents confrontés aux incivilités», a-t-elle expliqué.
D'après une étude du cabinet Stimulus effectuée à sa demande et parue en décembre, deux agents sur trois de La Poste sont en situation de stress, dont un tiers en «hyper stress». Les facteurs de stress majeurs sont la relation aux clients et les changements de type organisationnels.
Avec agence