MAROC – Quand usurper une identité mène à la case prison...
Au tribunal en passant par la case prison. C’est le sort réservé à Fouad Mourtada, un informaticien marocain de 26 ans, accusé d’«offense à la famille royale» après avoir créé un faux profil, sur Facebook, du prince Moulay Rachid, le frère du roi du Maroc.
Enfermé en détention provisoire depuis le 5 février dernier, le jeune homme comparaît ce vendredi devant la cour de Casablanca. Il risque entre 6 et 2 ans d’emprisonnement, selon le code pénal marocain. Le profil Facebook du faux prince qu’il avait créé le 15 janvier est resté quelques jours lignes avant d’être fermé.
«Je n'ai jamais pensé qu'en créant le profil de SAR le prince Moulay Rachid, je lui portais atteinte, raconte Fouad Mourtada. Je n'ai d'ailleurs envoyé aucun message à quiconque depuis ce compte. C'était juste une plaisanterie, une blague. Je regrette mon geste et implore le pardon pour le mal que j'ai causé à toute ma famille. Je ne suis pas un malfaiteur, mon ambition dans la vie était simplement d'avoir un travail stable et une vie normale.»
Et l’informaticien d’ajouter: «Il y a tellement de profils de célébrités sur Facebook». A titre d'exemple, Nicolas Sarkozy apparaît sous des centaines de profils différents sur le réseau communautaire.
La France s'intéresse au problème des usurpations d'identité
Au Maroc, l’affaire provoque l’émoi des internautes.
En France, la loi est encore floue sur le sujet des usurpations d’identités numériques.
«Il y a un vide juridique sur ce sujet, explique Yves Crespin, le patron de la Brigade d’enquête des Fraudes sur les nouvelles technologies (Befti). S’il y a une photo sur un faux profil, vous pouvez porter plainte. S’il n’y a que le nom et le prénom, c’est moins sûr. Mais on voit beaucoup d’atteintes à la vie privée.» Et le commissaire de reconnaître: «La législation va à une vitesse sénatoriale alors que la technique se développe vitesse grand V. Mais depuis que des personnalités sont mises à cause, une loi devrait être votée.»
Jeudi, Michèle Alliot-Marie a annoncé que l’usurpation d’identité sur Internet allait devenir un délit, passible d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende.