Les sans-papiers veulent l'appui de Martin Hirsch

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Publié le 15 février 2008.

REPORTAGE – Le Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté a rencontré jeudi soir les délégués du collectif de sans-papiers qui occupait ses locaux…

«On a trop froid. Ca fait des heures qu’on est là. Mais on restera jusqu’au bout.» Le «bout», pour ce Malien sans-papiers qui attendait jeudi soir devant l’entrée du bâtiment officiel, c’était les résultats de l’entrevue entre Martin Hirsch et les délégués du 9ème collectif, une organisation de défense des sans-papiers. En milieu d’après-midi, une centaine de personnes selon le collectif, une trentaine selon le Haut commissariat, ont occupé les locaux de Martin Hirsch dans le 7e arrondissement.

L’organisation protestait notamment contre l’opération de police menée mardi dans un foyer du 13ème arrondissement, au cours de laquelle une centaine de personnes en situation irrégulière ont été interpellées et placées en centre de rétention.

« Les contrôles, ça ne doit pas se passer à 5 heures du matin. Casser les portes, ce n’est pas un contrôle, c’est de la violence!» tempêtait un des sans-papiers.

Un examen des dossiers au cas par cas

En début de soirée, Martin Hirsch avait indiqué être prêt à recevoir une délégation vendredi. «S'ils veulent partir, je verrai une délégation demain matin sans aucune difficulté», avait-il déclaré sur Canal +. La réunion a finalement eu lieu le soir même et s'est achevée vers 23h. «Monsieur Hirsch a écouté nos doléances et s’est engagé à examiner les dossiers qu’on lui soumettra au cas par cas et à faire le point avec les différentes préfectures. Mais transmettre des dossiers, ça n’est pas régulariser. Nous sommes toujours en attente», expliquait Bahija Ben Kouka, l’une des coordinatrices du collectif à l’issue de la réunion.

«Monsieur Hirsch nous a dit qu’il n’était pas responsable des régularisations, ajoute Bahija Ben Kouka. Mais la raison pour laquelle nous sommes allés le voir, c’est que les sans-papiers sont de plus en plus précarisés. Quand tu es sans-papier et que lorsque tu sors de chez toi, on te met en garde à vue, comment veux-tu pouvoir travailler?» interroge l’un des membres du collectif. Tous attendent de connaître le sort des personnes emmenées pendant l’opération de mardi. Des personnes qui pour beaucoup «travaillent, paient des impôts et participent à l’économie», soulignent-ils. Le collectif a déjà appelé à se rassembler samedi pour une nouvelle manifestation.
Christina Lionnet
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