Si Marseille s'est lancée dans la course pour être capitale européenne de la culture, c'est autant pour faire valoir ses réalisations que pour rattraper son retard sur d'autres villes de Méditerranée comme Barcelone. Car Marseille fourmille de cultures et de cultureux: une trentaine de théâtres avec 50.000 abonnés (dixit la mairie, soit plus que l'OM), quinze musées, un opéra, un ballet national, une demi-douzaine de festivals d'envergure internationale et quelque trois cents studios de répétition.
N'en jetez plus! Mais tout ce beau monde peine encore à s'organiser, à la fois pour être mieux reconnu à l'international et mieux diffusé à Marseille. Manque de lieux de résidence et de représentation pour les arts vivants, problème d'horaires en soirée dans les transports en commun, disparition du cinéma de la Canebière...
Tous les candidats s'accordent aujourd'hui à vouloir renforcer les équipements culturels de proximité dans les quartiers. La mise en place d'une carte de réduction culture semble également faire l'unanimité. C'est sur les grands projets d'équipements et la politique à mener vis-à-vis des associations culturelles que les avis divergent. Ainsi que sur la façon de les financer: certaines dépenses, comme le fonctionnement de l'opéra, pourraient faire l'objet d'un partage entre collectivités locales. D'autres, comme la construction du Musée des civilisations, de l'Europe et de la Méditerranée (Mucem), devraient être essentiellement pris en charge par l'Etat, qui traîne les pieds. L'an dernier, l'action culturelle de la ville de Marseille s'est élevée à 116 millions d'euros, soit 8,5% du budget municipal.