Strasbourg, Toulouse, Metz, Marseille, Caen, Rouen... Ce sont les villes qui inquiètent le parti de la majorité parce qu'elles représentent des bastions de la droite qui pourraient basculer à gauche à l'occasion des élections municipales le mois prochain. Pour l'UMP, ce premier rendez-vous électoral après la présidentielle avait valeur de test. C'est devenu un cauchemar.
Effondrement de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy, cafouillage à Neuilly-sur-Seine, réformes mal perçues... Tout cela brouille le message électoral de l'UMP, même si le Président a fait marche arrière dans sa volonté de politiser ce scrutin. «Si les gens votent pour nous sanctionner, ça peut faire mal, explique un ténor du parti. Sur les marchés, les gens nous parlent beaucoup des questions de pouvoir d'achat. Mais ensuite, ils ne sont pas idiots, ils savent qu'ils votent pour un maire, qu'il s'agit d'un scrutin local et pas national.» Signe des temps, Nicolas Sarkozy n'est pas sollicité par les candidats sur le terrain de la campagne.
En plus des attentes déçues liées au pouvoir d'achat et de l'aveu d'impuissance du Président lui-même au sujet des caisses vides, les Français ont eu le sentiment, selon les analyses, que le chef de l'Etat se détournait de leurs problèmes. Faisant naître la crainte d'un vote-sanction. Non seulement l'espoir, un tant évoqué à droite, de reprendre à la gauche des villes symboles comme Paris, Lyon et Dijon, s'est envolé, mais en plus, c'est l'UMP qui risque de se faire voler certains de ses fiefs. Le PS s'est fixé à trente le nombre de villes supplémentaires qu'il veut rapporter dans sa besace, espérant un raz-de-marée similaire aux régionales de 2004.
A l'UMP, on cherche à éviter l'affolement. Il est vrai que la campagne n'a pas encore vraiment commencé. «Les gens ne sont pas encore concentrés sur l'élection», indique un ministre candidat, pas plus inquiet que cela: «Les électeurs ne se positionneront pas en fonction de l'action du Président. Choisir son maire, c'est une affaire privée.»