Un classement à point nommé à un mois des municipales. La Fondation Abbé-Pierre a publié hier son «palmarès» des communes relatif au respect de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbains). Voté en 2000, ce texte oblige les communes à atteindre au moins 20% de logements sociaux d'ici à 2020.
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Sur 720 communes inspectées par la fondation, 435 - soit plus de la moitié (60,4%) - n'ont pas respecté l'objectif fixé par la loi, entre 2002 et 2006. Pire encore, 9,3% n'ont financé aucun logement social. Bonnet d'âne, Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne). Réagissant, la commune assume et «refuse l'application forcée» d'une loi aux objectifs irréalistes», sauf à construire de très grands ensembles». Autres cancres: Neuilly-sur-Seine, Toulon, Nice...
A l'inverse, Sangatte est exemplaire. La ville a financé 205 logements sociaux, alors qu'elle n'était tenue d'en construire que onze. «C'est une politique volontariste de mixité sociale, explique son maire Guy Allemand. Le logement social ne veut pas dire problème, certains des nôtres sont construits face à la mer, d'autres sont des maisons individuelles.»
La Fondation Abbé-Pierre a dénoncé hier «le laxisme, voire la complaisance» de l'Etat, qui ne fait pas respecter la loi SRU. Pour preuve, seuls 140 «constats de carence» en logements sociaux ont été dressés sur cinq ans.