MUNICIPALES - Les dissidences et dissonances ne sont pas le monopole de la droite. La preuve en exemples...
N'en déplaise à François Hollande, la droite n’a pas le monopole de la cacophonie avec le feuilleton de
Neuilly. A gauche aussi, il n’est pas toujours simple de présenter aux électeurs un front uni. C'est le cas de trois bastions imperdables : Orly (Val-de-Marne), Etaples (Pas-de-Calais) et le vingtième arrondissement de Paris.
A Orly, quatre listes de gauche à l'assaut de la mairie
Orly, c’est l’histoire d’un parachutage qui tourne mal. En octobre, Razzy Hammadi, ex-président du Mouvement des jeunes socialistes, est à la recherche d’un fief électoral (voir
sa vidéo). Mais
son arrivée à Orly irrite les militants locaux. «Le parachutage d’Hammadi a été comme un faisceau laser qui a réfléchi sur Gaston Viens (83 ans, ancien communiste, maire depuis une quarantaine d’année, ndlr). Il y a quelques mois, plus personne ne croyait en son avenir», explique Thierry Altan, leader du PS local.
Ressuscité, Viens se présente face à Hammadi, alors que deux autres candidats convoitent l’électorat de gauche: l’ancien socialiste François Phillippon et la communiste Odette Terrade. Une ville imperdable, un jeune parachuté, des listes du même camp qui s’affrontent, il y a comme un goût de Neuilly. «A Orly, la gauche est sûre de gagner, à l’image de la droite neuilléenne. C’est pour cela qu’il y a de telles dissensions», note Antony Dabila, le jeune inconnu investi par l’UMP qui espère tirer profit de cette incroyable cacophonie.
A Etaples, deux PS pour le prix d'un
Un militant l'avoue: la situation de cette ville est «honteuse et catastrophique». Le premier secrétaire de la section locale PS, Bagdad Ghezal, se présente. Antoine de Rocquigny du Fayel, un Lillois privilégié par la fédération départementale, aussi (voir
sa vidéo). Ce dernier est à la tête d'une liste qui rassemble le PCF et le MoDem. Pourtant, Bagdad Ghezal a remporté à 75% une primaire locale en novembre 2007 et la direction nationale, François Hollande en tête, s'est prononcé en faveur du candidat «symbole de la diversité».
Mais les partisans d'Antoine de Rocquigny font valoir que leur champion a plus de chances de l'emporter et que la rue de Solférino n'a pas à imposer ses choix dans les villes de moins de 20.000 habitants. Après de nombreuses tractations, Bagdad Ghezal finit par accepter de ne se présenter qu'à la cinquième place de la liste menée par son rival. Lequel a refusé cette solution fin janvier.
Bagdad Ghezal va donc se présenter avec des chevènementistes et des candidats des quartiers populaires. Puis a demandé au PS d'exclure Antoine de Rocquigny du parti. Ghezal se garde par ailleurs «la possibilité de saisir la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde)». Ambiance.
Paris XXème arrondissement, un sortant dissident et une sortante officielle
Le maire socialiste sortant,
Michel Charzat, s'y représente contre la candidate officielle du PS, Frédérique Calandra, membre de son équipe municipale actuelle. La raison de ce doublon? Le maire fabiusien avait maintenu sa candidature aux dernières législatives, violant les instructions du parti. Ce qui lui avait valu l'exclusion.
Il se présente donc aujourd'hui comme le candidat «en rupture avec les appareils politiques» avec une liste «résolument à gauche». Le climat est d'autant plus tendu que cet arrondissement est le fief de Denis Baupin, tête de liste des Verts à Paris. Entre l'adjoint aux Transports et Bertrand Delanoë, la rupture semble être consommée. Le maire de Paris menace d'ores et déjà de renouveler «l'exécutif municipal» et fait des appels du pied au MoDem dont le président de groupe au conseil de Paris, Didier Bariani, est issu du XXème arrondissement.
Alexandre Sulzer et Vincent Glad