Pas sûr que les Français soient prêts à avoir un policier intégré dans leur clé de voiture... Un « plan vigoureux » contre l'insécurité routière doit être discuté aujourd'hui lors d'un Conseil interministériel, présidé par François Fillon. Outre l'installation de 500 nouveaux radars par an et la confiscation du véhicule en cas de récidive de conduite en état d'ivresse, le projet envisage de créer une peine qui obligerait les automobilistes arrêtés avec plus de 0,8 g d'alcool par litre de sang à circuler dans un véhicule équipé d'un éthylotest antidémarrage. En somme, le moteur ne s'allumerait que si le conducteur souffle dans le ballon intégré au tableau de bord ou à la clé, et si le résultat est négatif. L'objectif de cette mesure choc est de lutter contre l'alcool au volant, responsable du décès de 1 241 personnes en 2007.
Encore faut-il que les constructeurs commercialisent de tels véhicules. Pour l'instant, en France, seul Renault propose depuis novembre un éthylomètre électronique « nomade » à 139 euros, mais le système ne bloque pas le moteur en cas d'excès. Quant au groupe PSA Peugeot Citroën, il nous a indiqué hier que « la réflexion en cours porte sur des équipements mobiles, qui pourraient être rapidement mis en vente dans le réseau ». Là encore, il n'est question que d'éthylotests achetables à la pièce, destinés à informer le conducteur du niveau de sa consommation, non à l'immobiliser. « Question de responsabilisation de l'automobiliste », estime le constructeur.