Nicolas Sarkozy ne se lassera donc jamais de ses chères ruptures. On lui reprochait ses fanfaronnades ? Le voilà qui se découvre un goût pour un exercice opposé : l'aveu de faiblesse. Interrogé hier en Guyane lors d'une conférence de presse, le Président s'est lancé, pour la première fois depuis sa prise de fonction, dans une démonstration d'humilité : « Tous les gouvernements, toutes les majorités, tous les présidents connaissent des moments moins faciles et il semble qu'il y ait des difficultés. Les difficultés, il faut les affronter avec sang-froid, avec humilité et continuer à travailler. »
Il faut dire que l'heure est grave. Le psychodrame de Neuilly (lire ci-dessous) a servi de détonateur à une situation explosive. En privé, les députés de son propre camp ne se privent plus depuis plusieurs semaines pour s'inquiéter de la baisse foudroyante de la popularité du Président (lire encadré), au moment où se profilent les municipales des 9 et 16 mars : « C'est sûr, Sarkozy ne nous aide pas », confie sèchement l'un d'eux. Un autre, député-maire en campagne, reconnaît que les distributions de tracts ne sont pas simples : « Les électeurs des couches populaires nous demandent pourquoi le Président ne fait rien pour leur porte-monnaie. Et les bourgeoises trouvent qu'il se tient mal à table. » Une allusion à la vie privée chaotique du chef de l'Etat.
Résultat, pour la première fois depuis 2004, de nombreuses têtes dépassent des rangs UMP. Le chef des députés de la majorité, Jean-François Copé, l'admet publiquement : « Je ne vais pas vous dire qu'il n'y a pas des agacements. Trop, c'est trop. » D'où le drapeau blanc levé bien haut par le Président. « J'appelle chacun au plus grand sang-froid et au plus grand calme, a-t-il insisté. Je ne crois pas que la fébrilité amène quoi que ce soit à la solution des problèmes. » Sarkozy admet donc qu'il y a des problèmes. Ça aussi, c'est presque une première.