Un coup de gueule bon pour la santé

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Publié le 13 février 2008.

JUSTICE – La magistrate en charge du pôle des affaires sanitaires alerte sur ses conditions de travail...

La liste des dossiers à l'instruction donne le vertige: l'affaire de la vache folle, les syndromes de la guerre du Golfe et des Balkans, Tchernobyl, la légionellose à l'hôpital Pompidou, le scandale de l'amiante... Autant de dossiers éléphantesques que traite le pôle de santé publique du tribunal de Paris. Sauf que la structure souffre d'un problème patent de moyens. Magistrats instructeurs surchargés, enquêteurs en nombre insuffisant, experts en carence... autant de manques que dénonce (lire ci-dessous) Marie-Odile Bertella-Geffroy, coordinatrice du pôle, à l'heure du procès de l'hormone de croissance contaminée, qui a débuté mercredi dernier. Une affaire que cette magistrate a instruite, seule, pendant treize ans.

Dès la création du pôle en septembre 2003 - polluée par des conflits relationnels entre les magistrats -, la question de ses moyens a été centrale. Bernard Fau, avocat de victimes de l'hormone, craignait déjà à l'époque que l'on ne mette en place une «structure de façade». Aujourd'hui, Pierre Pluta, délégué de l'Association des victimes de l'amiante dans le Nord, estime que «vu la quantité de dossiers à traiter, et malgré la volonté des juges, la situation reste inadmissible». Pourquoi de tels blocages? Les scandales sanitaires pâtissent d'«un manque de volonté politique», selon un connaisseur de ces affaires. «Ces dossiers dérangent, car ils mettent souvent en cause la responsabilité de l'Etat, et de puissants réseaux industriels.»

Bastien Bonnefous
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