POLITIQUE – La sérénité de Fillon plaît aux Français agacés par les frasques de Nicolas Sarkozy…
Sur la route des sondages, le chassé-croisé de Nicolas Sarkozy et de François Fillon tourne nettement en faveur du Premier ministre. Le baromètre Ipsos-Le Point de février révèle
une sévère dégringolade de Sarkozy qui perd 10 points à 39 % d’opinions favorables. Alors que, l’air de rien, François Fillon gagne sept points pour atteindre les 52% d’opinions favorables.
Comment expliquer que ce Premier ministre si discret, moqué pour sa transparence à l’automne, réapparaisse en position de force en ce début d’année? «Les Français ont besoin de repères, de tranquillité, de sérénité. A côté d’un Sarkozy qui s’affiche avec une top-model, ils sont rassurés d’avoir un Fillon marié depuis 28 ans avec la discrète Pénélope, mère de cinq enfants», explique Christine Kelly, journaliste à LCI et biographe de François Fillon (1).
Un tranquille recours
«Politiquement, le Premier ministre est le M. Réformes, le gardien du temple qui mènera les réformes promises par Sarkozy coûte que coûte», continue Christine Kelly. A l’heure où le Président semble prêt à tous les compromis pour rattraper la courbe des sondages, la raideur affichée de Fillon rassure l’électorat UMP qui le plébiscite à 89%.
François Fillon n’est pas un chef de gouvernement traditionnel. Il n’a pas le rôle de paratonnerre qu’ont pu tenir Jean-Pierre Raffarin ou Dominique de Villlepin mais plutôt celui d’un tranquille recours, qui tient les rênes quand le Président vacille.
«Hors cohabitation, il n’y a pas de précédent sous la Ve République d’une telle différence de dynamique entre un Président et son Premier ministre. Traditionnellement, dans les sondages, les deux membres de l’exécutif montent ensemble et chutent ensemble, avec souvent une chute accrue pour le Premier ministre», rapporte Stéphane Zumsteeg, de l’institut Ipsos.
Conccurence au sommet de l’Etat
Après avoir rongé son frein dans l’ombre du Président, François Fillon va maintenant devoir affronter la réplique de Sarkozy qui ne doit pas supporter de le voir ainsi au premier plan. Selon Le Monde, le chef du gouvernement aurait reçu de nombreuses mises en garde de la part du chef de l'Etat.
Sur de nombreux dossiers, les deux membres de l’exécutif risquent de se batailler pour apparaître sur la photo. La semaine dernière, le dossier des retraites a montré la concurrence qui règne au sommet de l’Etat. Le 6 février, au matin, Fillon annonçait sur RMC une augmentation de 5% du minimum vieillesse en 2008. Quelques heures plus tard, Sarkozy annonçait devant les partenaires sociaux une prime immédiate de 200 euros, prélevée sur les augmentations futures.
(1) François Fillon, le secret et l’ambition, Editions du Momen
Vincent Glad