Selon eux, le rapport Attali frise le ridicule. Quelque deux cents coiffeurs ont manifesté hier après-midi devant le cabinet du préfet du Bas-Rhin, place du Petit-Broglie à Strasbourg. Ils protestent contre la déréglementation de leur métier qu'entraînerait l'application du récent rapport de la commission présidée par Jacques Attali. Visant à la « libération de la croissance », elle préconise la suppression de l'obligation de qualification professionnelle pour les personnes désirant ouvrir un salon.
« En quatre ans, le nombre des entreprises de coiffure a augmenté de 10 % en Alsace, explique Bernard Stalter, président de la Fédération de la coiffure du Bas-Rhin. Nous sommes aujourd'hui 1 500 entrepreneurs, auxquels s'ajoutent 4 000 collègues et 680 apprentis. Je ne vois donc pas en quoi nous représentons un frein à la croissance. » Selon lui, l'application du plan Attali n'ira pas sans conséquence. « Il est inconcevable de confier la tête des clients à des gens non qualifiés, précise-t-il. Mais aussi de fragiliser ces derniers en leur laissant croire qu'ils arriveront à tenir un salon. » Reçus en délégation, les coiffeurs ont obtenu du chef de cabinet du préfet la promesse qu'il remontera leur message auprès du Premier ministre.