Les victimes laissent éclater leur colère

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Publié le 12 février 2008.

Quatre mois après le procès de la catastrophe du Queen Mary 2, le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) a con­damné hier les deux sociétés, les Chantiers de l'Atlantique et Endel, concepteur de la passerelle défectueuse, à 177 500 euros d'amendes. Il a en revanche relaxé leurs huit salariés, également poursuivis pour « blessures et homicides involontaires », provoquant la colère des parties civiles. « Qui les a tués, alors ? Qui ? Personne ne les a tués, personne ! C'est une honte », s'est exclamé le fils d'une des victimes, quittant la salle d'audience sous les applaudissements.

A la sortie du tribunal, l'avocat de la société Endel s'est lui « réjoui » d'une décision « conforme au droit » et « courageuse ». « Hon­nê­tement, je ne m'y attendais pas », a confié Me Thierry Dalmasso. Un éventuel appel ne pourra désormais se faire qu'à l'initiative du procureur. Lors du procès en octobre, celui-ci avait réclamé 307 500 euros d'amendes pour chacune des deux entreprises, et jusqu'à trois ans de prison avec sursis et une éventuelle amende pour leurs salariés.

Endel et les chantiers navals de Saint-Nazaire devront par ailleurs verser plus de 10 millions d'euros aux parties civiles (quatre millions ont déjà été versés). Pour la première fois en dehors d'une catastrophe aérienne, un « préjudice permanent exceptionnel » d'angoisse a été reconnu aux victimes. « C'est très novateur », assure un magistrat.

A Saint-Nazaire, Guillaume Frouin - ©2008 20 minutes
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