Scénario catastrophe. A quatre semaines du premier tour, David Martinon a été désavoué par ses colistiers. C'est Jean Sarkozy lui-même, le fils du Président qui l'annonce, mais la décision est prise au sommet. En théorie, l'avenir du porte-parole de l'Elysée était tout tracé: il s'installerait en mars à la mairie de Neuilly-sur-Seine, ville dont Nicolas Sarkozy a été le maire entre 1983 et 2002. Le Président avait fait «cadeau» de sa commune, l'une des plus à droite de France, à son poulain. Mais le diplomate de 36 ans n'a pas su en profiter. Et cela se retourne aujourd'hui contre l'Elysée.
«S'il continuait comme ça, on allait dans le mur», expliquait hier Jean Sarkozy, 21 ans, à une militante UMP déboussolée. Un sondage confidentiel publié samedi par «Le Figaro» donnait le porte-parole de l'Elysée perdant face à la liste de droite menée par le chef d'entreprise Jean-Christophe Fromantin. «On a essayé de travailler loyalement avec David, mais ce n'était pas possible. Les militants nous demandent de prendre nos responsabilités», justifiait encore le fils cadet du Président.
Le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, doit dénouer la crise ce soir et désigner une tête de liste. Arnaud Teullé, élu local auparavant envisagé pour conduire la liste UMP, pourrait la mener. Marie-Cécile Ménard, conseillère municipale et générale, devrait occuper la deuxième place, et Jean Sarkozy la troisième, selon des proches de ce dernier. Un rapprochement avec la liste Fromantin serait en cours de réflexion, mais celui-ci assure, pour l'instant, qu'il continuera à mener sa propre campagne, en «homme libre». «C'est un assassinat politique en règle auquel on vient d'assister», résume le candidat MoDem, Alexandre Harmand.