Jonathan Littell fait de nouveau parler de lui : Les Bienveillantes, le best-seller de l'automne 2006, est sorti en Folio jeudi. L'occasion pour l'auteur de rectifier quelques erreurs factuelles qu'on lui avait reprochées sur des noms de lieux, des grades militaires ou des intitulés de services de l'administration nazie. Les 1 400 pages du poche ont été revues... jusqu'à la modification d'une phrase complète, qui laisse perplexe : page 886 du livre grand format, le narrateur Maximilien Aue se trouve face à Hitler et lui tord le nez. Dans la version publiée en poche, il le lui mord : « Alors je me penchais et mordais son nez bulbeux à pleines dents ».
D'après l'éditeur, cette version est « plus conforme à ce que doit être l'histoire selon l'auteur », qui a décidé quant à lui de ne répondre à aucune question : « Il veut passer à autre chose. » Sans doute peaufine-t-il son second texte, Le Sec et l'Humide, qui sera une étude psychanalystico-linguistique sur Léon Degrelle, le fasciste belge dont Littell s'est inspiré pour le personnage du narrateur des Bienveillantes. Annoncé trop tôt par le service commercial de l'éditeur, le livre est attendu depuis un bon mois par la critique. Mais aucune date de parution n'est encore officielle. L'ouvrage, qui s'assortit de photos et de nombreux documents, serait actuellement aux mains du service juridique. Il faudra donc se contenter du livre de poche, dont l'éditeur attend beaucoup : le tirage, considérable, s'élève à 180 000 exemplaires, dont 30 000 sont mis en vente dans un coffret bleu argenté.