Mais que se passe-t-il à Neuilly? Alors que le directeur de cabinet de David Martinon assurait que son candidat restait toujours en course, le porte-parole de Nicolas Sarkozy s'est fait lâcher par les dirigeants de l'UMP à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), Marie-Cécile Ménard et Arnaud Teullé, ainsi que le fils cadet du président de la République, Jean Sarkozy.
«On allait dans le mur», a confié Jean Sarkozy à 20Minutes. «On a essayé de travailler loyalement, mais ce n'était pas possible.»«Désaccords majeurs»
Ces trois proches de Nicolas Sarkozy, ancien maire de Neuilly, ont annoncé annoncé dimanche qu'ils faisaient leur propre «liste de rassemblement» pour les élections municipales en raison de «désaccords majeurs» avec le candidat David Martinon.
«Nous avons décidé de conduire la liste de rassemblement pour les élections municipales a Neuilly, afin de faire cesser les divergences au sein de la majorité présidentielle sur notre commune», déclarent-ils dans un communiqué à l'AFP.
«De très nombreux Neuilléens nous demandent de réagir» «De très nombreux Neuilléens nous demandent de réagir et de travailler ensemble pour notre ville. Dans ce nouveau contexte politique, nous appelons au plus large rassemblement», ajoutent les trois signataires. De quoi destabiliser les électeurs UMP. «Je suis choqué, s'indigne Bastine Le Coz, leader des jeunes UMP (et pro-Martinon). Jean Sarkozy dit qu’il n’est pas d’accord avec le projet de David Martinon mais on l’a élaboré ensemble ce projet!» No comment Ni David Martinon, ni son entourage n'étaient joignables à la mi-journée pour réagir. David Martinon n'a pas que des amis à l'UMP. Ses détracteurs, notamment les sarkozystes historiques, attribuent sa brusque ascension auprès de leur chef à son seul statut de protégé de Cécilia. Le porte-parole de l'Elysée a tenu un «petit-déjeuner d'appartement» avec des Neuilléens avant de se rendre brièvement au marché des Sablons, au centre de Neuilly, où il a refusé de faire le moindre commentaire aux journalistes présents.
Alors que la candidature de David Martinon, accusé par ses adversaires de droite comme de gauche d'être «parachuté», était de plus en contestée localement, un «Confidentiel» intitulé «Neuilly: Martinon vers la sortie» publié samedi dans Le Figaro avait mis le feu aux poudres dans l'ancien fief de Nicolas Sarkozy, maire entre 1983 et 2002. Pendant ce temps, l'autre candidat de droite Jean-Christophe Fromantin, a pu faire son marché, presque comme si de rien n'était. «Moi je suis totalement libre, je suis heureux qu’on puisse enfin parler des sujets locaux», a assuré le «candidat de centre-droit». Qui pour prendre la tête de liste? L'affaire devrait être tranchée lundi soir, lors d'une «une réunion décisive» convoquée par le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian. David Martinon a annoncé dimanche qu'il n'accompagnerait «sans doute pas» le président Nicolas Sarkozy lors de son déplacement en Guyane, comme prévu initialement.