SOCIETE GENERALE - La police enquête sur des complicités...
Jérôme Kerviel a été placé en détention provisoire, vendredi après-midi, a-t-on appris auprès des avocats des parties civiles. Le trader est accusé par la Société générale de lui avoir fait perdre 4,82 milliards d'euros par des transactions falsifiées. Il était arrivé vendredi vers 13h au Palais de justice de Paris, où
le maintien ou pas de son contrôle judiciaire devait être examiné en appel.
«Les déclarations de Jérôme Kerviel, l'éloignement entre ses déclarations et la vérité font que la cour d'appel ne pouvait être que sensible à l'appel formulé par le parquet», a déclaré à la presse Jean Veil, avocat de la Société générale, à l'issue de l'audience de la Cour d'appel de Paris, en précisant qu'il avait donc été placé «en détention provisoire». Ce placement en détention provisoire a été confirmé à l'AFP de source judiciaire.
Elisabeth Meyer, l'une des avocates de Jérôme Kerviel, a indiqué qu'elle allait «faire un pourvoi en cassation dès lundi matin. (...) Le magistrat instructeur avait compris que les conditions d'une mise en détention n'étaient pas réunies. C'est maintenant, le pot de terre contre le pot de fer. Je ne m'explique pas cette décision, je ne la comprends pas. Rien n'a changé (depuis la décision des juges, ndlr). J'interprête cela comme un désaveu de la décision d'un juge d'instruction. Je le regrette».
Appel du parquet
Le 28 janvier, les juges Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset avaient placé Jérôme Kerviel sous contrôle judiciaire après sa mise en examen pour «abus de confiance», «faux et usage de faux» et «introduction dans des systèmes de données informatiques».
Le parquet avait contesté le maintien en liberté du trader. Il avait annoncé jeudi son intention de requérir vendredi son placement en détention provisoire, arguant notamment du risque de concertation avec d'éventuels complices et un risque de fuite.
Un courtier de la Fimat en garde à vue
Parallèlement,
un courtier d'une filiale de la Société générale, la société de courtage Fimat, était ce vendredi en garde à vue dans les locaux de la brigade financière. Il a été interpellé jeudi à la mi-journée. Selon une source proche du dossier, Jérôme Kerviel passait une partie de ses ordres d'achats et de ventes via la Fimat.
Cette garde à vue a été prolongée vendredi à la mi-journée et peut durer au total 48 heures. Selon l'avocat de la Société générale, Jean Veil, «l'enquête semble prendre un tournant» avec cette garde à vue. Il a toutefois mis en garde de ne «pas mélanger la personne physique (le courtier, ndlr) et la personne morale qui l'emploie (la Fimat, ndlr)».
CH.L avec agences