REACTIONS – Interrogée sur la plainte au pénal déposée par Nicolas Sarkozy contre «Le Nouvel Obs», Rama Yade a réagit très vivement...
Le Président Nicolas Sarkozy nie, dans la plainte pénale déposée contre «Le Nouvel Observateur», avoir envoyé un SMS à son ex-épouse lui proposant de revenir en échange de l'abandon du mariage avec Carla Bruni. Le site Internet du magazine avait en effet affirmé mercredi que le chef de l’Etat avait écrit à Cécilia Sarkozy: «Si tu reviens, j’annule tout.» L'article ne figurait plus sur le site nouvelobs.com vendredi.
Obligation de révéler ses sources
Le SMS en question est un «faux», a déclaré Me Thierry Herzog, avocat du chef de l’Etat. Le bureau du procureur, Jean-Claude Marin, a déclaré à l’agence de presse Reuters avoir mis à l'étude «pour en examiner les implications juridiques» cette plainte pour «faux, usage de faux et recel», inédite sous la Ve République. Une enquête de police supposerait, pour établir le «faux», un examen des téléphones impliqués dans l'échange, voire l’obligation de révéler ses sources pour le site Internet.
«Une véritable chasse à l'homme»
Vendredi matin sur RTL, la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, Rama Yade, a réagi très violemment en condamnant des attaques «indignes, infâmantes». «On a l'impression de voir des charognards qui ont humé l'odeur de leur proie et qui fondent sur lui, qui s'acharnent, parce que je trouve que c'est une véritable chasse à l'homme», a-t-elle ajouté. «Ceux qui veulent la peau de Nicolas Sarkozy sont des gens qui veulent leur revanche parce qu'ils n'ont pas accepté qu'il préside aux destinées de ce pays.»
En marge d'un déplacement à Astana, au Kazakhstan, François Fillon s'est refusé à commenter les propos de Rama Yade: «Je n'ai aucun mot dur à dire aux journalistes, je n'ai que des mots gentils», a déclaré le Premier ministre.
Inquiétude
Dans un communiqué, Reporters sans frontière appelle à la vigilance: «Nous regrettons que Nicolas Sarkozy ait choisi la voie la plus dure pour attaquer en justice le site du «Nouvel Observateur». Le chef de l'Etat poursuit sur la base du code pénal, alors qu'il aurait très bien pu engager des poursuites civiles pour atteinte à la vie privée.»
Une grande maladresse
Contacté par 20minutes.fr, Robert Ménard, secrétaire générale de RSF, confie son inquiétude: «Ca nous rappelle les chiens de Mitterrand». Même s’il ne conteste pas la légitimité de Nicolas Sarkozy de vouloir préserver sa vie privée, la plainte au pénal est, selon Robert Menard «d’une grand maladresse», et «chargée de sens sur le plan symbolique». «La protection des sources est un combat permanent pour les journalistes, une telle réaction de la part du chef de l’Etat est une erreur et pourrait avoir des conséquences lourdes, même si, évidemment, personne n’ira en prison».
Quant aux paroles de Rama Yade sur RTl vendredi matin, il espère que ses mots ont dépassé sa pensée, mais que cela ne va pas arrondir les angles entre Nicolas Sarkozy et la presse.
Sur Monster.fr, et accédez en exclusivité aux toutes dernières offres, à des conseils personnalisés et des opportunités de développer votre réseau professionnel !