REACTIONS - Parents d'élèves et professeurs reviennent sur le soutien de François Fillon au prof' ayant giflé un élève...
Réactions des deux principales fédérations de parents d’élèves la FCPE et la Peep et du secrétaire du principal syndicat d'enseignants la FSU Gérard Aschieri au soutien affiché de François Fillon à
l’enseignant qui a giflé un collégien.
Quelle est votre réaction après le soutien du Premier ministre François Fillon à l’enseignant qui a giflé l’un de ses élèves?
Farid Hamana, président de la FCPE:
Cette affaire prend une ampleur disproportionnée: pourquoi le Premier ministre se mêle de ça? Ce n’est pas son rôle. De la même façon, c’est curieux que le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, ait demandé que l’élève soit sanctionné pour ses propos. C’est une décision qui est censée revenir au principal du collège.
Anne Kerkhove, présidente de la Peep:
Il a exprimé son opinion et je pense qu’il a le droit. Pour ma part, je trouve qu’on n’entend pas assez les hommes politiques délivrer ce genre de message, que les enfants doivent le respect aux adultes. Je ne veux pas juger sa prise de position, il aurait peut-être dû dire qu’il condamnait le geste mais soutenait l’enseignant.
Gérard Aschieri, secrétaire de la FSU:
Ce soutien à l’enseignant est une bonne chose et il serait souhaitable que la justice n’aille pas plus loin. Cette affaire a suscité beaucoup d’émotions dans la profession, les professeurs ont été très choqués par cette histoire.
Que pensez vous de la sanction infligée à l’enseignant et de celle dont a écopé l’élève?
Faride Hamana:
On est d’accord pour dire que l’enfant n’avait pas à insulter et que l’enseignant n’avait pas à donner la gifle. Pour autant, est-ce légitime qu’un juge décide de le mettre en garde à vue et de le déférer en correctionnelle? C’est la première fois que nous entendons ça. Mais il manque beaucoup d’éléments sur le contexte, sur les propos tenus par l’adolescent, on ne sait pas clairement ce qu’il y a eu avant la gifle. Il faut rester neutre et vigilant.
Anne Kerkhove:
Le geste du professeur est évidemment condamnable, il l’a lui-même reconnu, mais le manque de respect et les insultes de l’adolescent sont tout aussi inacceptables. C’est le devoir du professeur de se faire respecter de ses élèves. L’enseignant est sanctionné de manière disproportionnée, c’est incompréhensible que ce soit allé jusque devant la justice. Pour l’élève, une exclusion définitive aurait eu valeur d’exemple, mais la décision appartient au chef d’établissement.
Gérard Aschieri:
La sanction appliquée est démesurée, la garde à vue a scandalisé et choqué le monde enseignant. Quant à la sanction prise par le chef d’établissement à l’encontre de l’élève, elle est difficile de juger. Il a sans doute été déstabilisé de voir arriver le père de l’enfant en uniforme de gendarme, menottes à la main. Sans connaître le climat qui règne dans le collège, sans connaître les relations entretenues entre l’équipe enseignante, les élèves et les parents, on ne peut pas avoir un avis tranché. Le principal n’aurait de toute façon pas pu prendre la décision d’exclure ce collégien de manière définitive tout seul. Il a été surpris, comme tout le monde, par l’ampleur exceptionnelle prise par cet incident.
Des propos recueillis par Emilie Gavoille