INDUSTRIE – Cacophonie gouvernementale sur la méthode pour sauver l’usine de Gandrange menacée de fermeture…
Christine Lagarde et Nicolas Sarkozy ne sont visiblement pas d’accord sur la méthode pour sauver l’usine ArcelorMittal de Gandrange en Moselle
menacée de fermeture. La ministre de l’Economie a assuré mardi matin sur RTL que le président de la République ne s’apprêtait pas à «subventionner» le groupe sidérurgique pour sauver l’activité en Lorraine.
Pourtant, lundi, sur le site de Gandrange, Nicolas Sarkozy avait tenu
un tout autre discours: «Soit nous arrivons à convaincre Lakshmi Mittal (le patron indien d’Arcelor Mittal, de revenir sur son plan de fermeture de l’usine, ndlr) et nous investirons avec lui, soit nous trouvons un repreneur et nous investirons avec lui». Un vrai «discours de syndicaliste», avait alors commenté Serge Jurczak, délégué CGT.
L’Etat «ne peut forcer un industriel à investir»
Christine Lagarde a très largement modéré les propos de Nicolas Sarkozy: «Le Président n’a pas dit qu’il allait donner un chèque en blanc à Lakshmi Mittal. Ce qu’il a dit, c’est que nous étions à la recherche de repreneurs pour l’activité menacée et que nous allions avec les organisations syndicales examiner les scénarios disponibles», a dit la Ministre sur RTL. L’Etat «ne peut forcer un industriel à investir», a t-elle ajouté.
Un Président qui déclare que l’Etat «investira» et une ministre de l’Economie qui assure que l’Etat «ne subventionnera pas»: la subtilité sémantique aux allures de cacophonie gouvernementale risque d'inquiéter les salariés de l’usine ArcelorMittal.
Jackie Macéli, un autre délégué CGT, interrogé mardi matin par 20minutes.fr, veut toujours croire au volontarisme de Sarkozy qui a fait forte impression lors de sa visite de l'usine lundi : «Les propos de Christine Lagarde sont contradictoires avec ceux de Nicolas Sarkozy. Mais le Président a pris des vrais engagements devant les salariés. On verra si il les tient...»
V.G. (avec AFP)