Daniel Bouton, 57 ans, ne s'est pas éternisé ce lundi au début du procès au long cours dit du «Sentier II», où il va être jugé cinq mois durant pour blanchiment aggravé dans le cadre d'un trafic présumé de chèques entre France et Israël.
138 prévenusL'appel des prévenus par ordre alphabétique lui a permis de décliner rapidement son identité et sa situation de famille avant de s'éclipser un peu moins de deux heures après le début de l'audience devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris.
Assis au côté de son avocat, Jean Veil, le PDG de la banque a écouté impassible l'appel des premiers des 138 prévenus auxquels s'ajoutent quatre banques, tous jugés pour blanchiment aggravé ou abus de biens sociaux.
Jusqu'à dix de prison et 750.000 euros d'amende
Quand est venu son tour, il a pu entendre que la justice lui reprochait d'avoir «apporté son concours» au blanchiment de fonds «d'origine frauduleuse» d'un montant de 210 millions de francs (32 Millions d'euros), entre 1998 et 2001.
La profession de banquier de Daniel Bouton est une circonstance aggravante qui lui fait encourir jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 750.000 euros d'amende. Son interrogatoire dans le détail n'étant pas prévu avant les 28 et 29 mai, sa présence n'est pas requise à l'audience d'ici là.
Outre la SG, trois autres banques sont poursuivies en tant que personnes morales. Barclays-France est accusé d'avoir laissé transiter 24 millions d'euros de sommes «blanchies», la Société marseillaise de crédit et la Banque nationale du Pakistan 2,6 millions d'euros chacune.
Pères de famille et sacrificateur rituel
Parmi les personnes physiques, on retrouve des gérants de société, beaucoup de commerciaux, des présidents d'associations caritatives ou cultuelles, des pères de famille sans profession, quelques rabbins, un sacrificateur rituel, un magistrat révoqué et des hauts dirigeants de banques...