Le blues des «nonistes»
Créé le 04.02.08 à 18h02
Mis à jour le 04.02.08 à 18h22
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POLITIQUE - Les opposants au Traité simplifié européen, ne se faisaient pas d'illusions avant le vote du Congrès, s'estimant «black-outé» par les médias...
Quelques heures avant que
le Congrès vote la modification de la Constitution en vue de la ratification du Traité européen, les «nonistes» faisaient déjà grise mine.
Les opposants au Traité, dans sa version 2005 comme dans
sa version 2008, regrettent de n'avoir pas su imposer un deuxième référendum: Nicolas Sarkozy n’a pas pris le risque de soumettre le nouveau traité au vote des Français et ce sont donc les parlementaires qui s’en chargent.
«J’ai appelé dix fois RTL»
Ce lundi après-midi, dans les couloirs du Congrès à Versailles, Nicolas Dupont-Aignan traîne son amertume. «Je n’ai plus d’espoir. La modification de la Constitution permettant la ratification parlementaire sera malheureusement votée. Pourtant, ce n’est pas faute de s’être battu depuis des mois. Mais il y avait une volonté des élites de ne pas parler de ce dossier», explique le député souverainiste à 20minutes.fr.
La faute des médias ? Nicolas Dupont-Aignan en est persuadé. Il assure avoir appelé dix fois Jean-Michel Apathie pour être interviewé sur RTL. «Ce n’était jamais le bon moment pour parler du Traité simplifié. J’ai entendu à chaque fois cette excuse». Marie-Noëlle Lienemann, députée européenne du Parti socialiste, depuis Bruxelles, fait aussi la moue et n’y croit déjà plus: «Quand la modification constitutionnelle aura été votée, il ne restera plus grand chose à faire», soupire t-elle, accusant également les médias de les avoir «black-outés».
L’ancienne secrétaire d’Etat au Logement assure qu’elle publiera sur son site web le nom des députés qui auront voté le Traité simplifié. «Y compris les députés du Parti socialiste», dit-elle à 20minutes.fr. Le PS n’en a décidément pas fini avec ses querelles internes.
Où sont passées les idoles du «Non» ?
Etienne Chouard aussi est moins présent qu'en 2005. Ce professeur d’informatique était devenu le héraut du «Non» sur le web lors du référendum. Son site Internet, rempli de chroniques enflammées, avait attisé la curiosité de tous les médias. En 2008, on l’a beaucoup moins entendu, comme si, à l’image des politiques, sa campagne contre le référendum était soudain devenue inaudible.
Il publie néanmoins ce lundi
une tribune virulente et amère sur le site Rue89 où il dénonce le silence des médias. «Ce viol est rendu possible sans déclencher de révolte grâce à la complicité active des soi-disant ”sentinelles du peuple” : les journalistes, censés surveiller et dénoncer les abus du pouvoir, ne remplissent pas leur mission, pourtant vitale pour la démocratie, et dissimulent un coup d’Etat sous la chape de plomb d’un silence coupable».
Baroud d’honneur à Versailles
Plusieurs centaines de manifestants ont descendu lundi après-midi une des avenues menant au Château de Versailles aux cris de «Nous voulons un référendum». Si les jeux semblent faits pour la ratification française, reste un dernier espoir pour les opposants au Traité : le référendum irlandais, qui devrait avoir lieu avant l’été. Nicolas Dupont-Aignan a déjà prévu de s’y rendre pour faire campagne pour le «Non».
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