EDUCATION - Mais avoue qu'elle serait trop compliquée dans son livre vert, remis ce lundi à Xavier Darcos...
Ni «un programme de gouvernement» ni «une machine de guerre». Xavier Darcos s’est voulu rassurant ce lundi après avoir reçu
le livre vert de la Commission Pochard sur le métier d’enseignant. Objectif: désamorcer la polémique après
la démission de Michel Rocard jeudi dernier à la suite de la parution d’un article dans «Le Figaro» annonçant une rémunération au mérite des enseignants.
Propositions concrètes «avant l'été»
Le ministre de l’Education a promis de «réformer l'école avec les enseignants», annonçant des propositions concrètes tirées de ce rapport «avant l'été». Arguant de la nature de «constat» qu'il lui attribue - même si le rapport formule
des scénarii et des propositions -, le ministre a rappelé que celui-ci avait été établi à partir de dizaines d'auditions «des enseignants eux-mêmes, des syndicats eux-mêmes».
«Si on pouvait éviter d'emblée de réduire ces problématiques à des questions immédiates: être pour ou contre Nicolas Sarkozy? Ou pour ou contre Darcos? Je pense qu'on rendrait service à la nation», a-t-il encore insisté citant les points qu'il souhaite étudier, «l'amélioration des conditions de travail, la reconnaissance sociale, l'évolution de carrière des enseignants, leur pouvoir d'achat».
Deux sujets abordés par la Commission dans son livre vert sont particulièrement polémiques: la rémunération au mérite des enseignants et la modification de leur temps de travail. Le premier thème est LE sujet tabou. «La commission n’a pas voulu l’esquiver», écrit-elle dans le livre vert. Elle explique que toucher à la grille des indices régissant les rémunérations des enseignants serait bien trop compliqué. Le seul scénario envisageable, selon elle, serait d’évaluer collectivement les résultats d’un établissement en fonction de critères bien établis, comme le progrès des élèves. A condition de prendre en compte différents paramètres, comme l’origine socio-professionnelle de ces élèves.
Un temps de présence obligatoire?
Concernant le second thème, la Commission Pochard envisage parmi plusieurs scenarii dont la mise en place d’un temps de présence obligatoire incluant les activités annexes aux heures d’enseignement : soutien scolaire, conseil de classe, réunion de parents d’élèves... Ce temps de présence pourrait rester hebdomadaire ou être annualisé. L’intérêt, selon la Commission, est de prendre en compte le nombre d’heures réel effectué par les enseignants dans la rémunération.
Elle propose ainsi de donner une prime indemnitaire pour les tâches complémentaires définies comme indispensables, offrir des heures supplémentaires pour les autres tâches ou enfin deux mois de salaire de plus pour ceux qui accepteraient d'effectuer 22 heures d'enseignement (18 heures aujourd'hui).
Autres sujets sensibles traités par la commission: la bivalence (enseignement de deux matières), la réforme, voire la suppression des concours, ou encore la création de «rendez-vous de carrière». Le renforcement de l'autonomie des établissements, permettant par exemple de «croiser le regard du chef d'établissement et de l'inspecteur» dans l'évaluation des enseignants, fait aussi grincer des dents les syndicats.
Avec agence
Démission Dans sa lettre adressée à la Commission, publiée par
l'express.fr, Michel Rocard explique avoir démissionné après que l'AFP lui a refusé un communiqué mettant en cause «Le Figaro», que l'ex-Premier ministre accuse d'avoir déformé ses propos sur la rémunération au mérite des enseignants
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