La politique de diminution de la place donnée à l'automobile a été menée pied au plancher par Bertrand Delanoë et son équipe depuis 2001. Quatre grands axes ont été réaménagés, 60 km de couloirs de bus créés, et 35 quartiers verts, avec élargissement des trottoirs, ont vu le jour. Grâce à ces aménagements, la Ville se targue d'avoir fait baisser de 20% la circulation automobile - mais celle des deux-roues motorisés et des camions de livraison a augmenté de 25%.
Quels résultats en matière de lutte contre la pollution? Le bilan est contrasté. Airparif indique que la pollution au dioxyde d'azote - celle qui a le plus d'effets sur la santé - a baissé de 32% entre 2001 et 2007. Mais seulement 6% serait dû aux aménagements urbains, le reste étant le résultat des améliorations technologiques sur les voitures. «Et s'il y a une baisse de la pollution de fond, la pollution à proximité des lieux de trafic est stable depuis dix ans, et reste deux fois supérieure aux normes», précise Airparif. Yves Contassot (Verts), adjoint en charge de l'Environnement, ne veut désormais plus retenir que cette pollution de proximité pour mesurer «ce que respirent vraiment les gens». «La pollution de fond sous-estime la réalité, et tronque le débat. Nous venons, par exemple, de changer nos méthodes de calcul pour mesurer la pollution aux particules. Du coup, les chiffres explosent sur l'année 2007 pour ce polluant.»
L'UMP est catégorique: «La politique d'aménagement urbain de Delanoë n'a eu aucun effet sur la pollution», tranche Pierre-Yves Bournazel, porte-parole de Françoise de Panafieu. «De toute façon, la circulation ne représente qu'un tiers de la pollution, le reste étant dû à l'habitat et à l'industrie. Sur l'habitat, rien n'a été fait. Il a fallu attendre la fin de la mandature pour avoir un plan climat.»
Il est vrai que le domaine de l'éco-construction était absent du programme de Delanoë en 2001. Mais la municipalité met en avant que tous ses chantiers «se font désormais sous la norme HQE » et qu'elle a déjà installé «3.300 m2 de panneaux photovoltaïques [qui, exposés à la lumière, génèrent de l'électricité] dans le 18e.» Son plan climat, adopté en octobre 2007, comporte aussi un grand volet bâtiments: la Ville promet de réduire de 30% les émissions de gaz à effet de serre de ses bâtiments, et de 25% sur tout Paris, d'ici à 2020. Le chantier est tout juste lancé.