COMPTES – Gestion désastreuse, fichiers obsolètes: la Cour des comptes pointe les dysfonctionnements de...
La caisse des intermittents du spectacle verse-t-elle encore des congés payés à Bourvil (mort en 1970), Joe Dassin (mort en 1980), Arletty (morte en 1992) ou Simone Signoret (morte en 1985)? Une incohérence révélée par le mensuel «Capital» qui s’est procuré un rapport de la Cour des comptes fustigeant la gestion alarmante de cette caisse, créée en 1939.
Déjà pointée du doigt l'année dernière, elle «ralentit au-delà du raisonnable la perception des indemnités dues», «empêche le versement de plus de 8% de leur montant, soit chaque année quelque 16 millions d'euros » et «désoriente ou décourage en priorité les intermittents percevant les rémunérations les plus faibles.»
«Les limiers de la Cour des comptes (…) n’ont pas réussi à prouver que ces artistes — ou leurs ayant droits — avaient touché des congés payés après leur décès. Mais ils ne peuvent pas non plus nous assurer du contraire», écrit «Capital».
Spoliés
«Au delà de cet aspect people, ce qui est grave, c'est que des salariés ont été spoliés, et que leurs droits à la retraite seront minorés», a déclaré à l'AFP le secrétaire général de la CGT-spectacle, Jean Voirin.
Jointe par 20 Minutes,
la Cour des comptes n’a pas voulu faire de commentaires pour l’instant et préfère attendre que soit présenté officiellement le rapport, le 6 février prochain.
Toujours selon ce rapport, la caisse des intermittents du spectacle, gérée par les seuls employeurs, aurait aussi «éludé le paiement de certaines charges sociales ou fiscales», en pratiquant notamment jusqu'en 2001, à raison de 2 millions d'euros par an, des abattements indus sur les indemnités de 15.000 techniciens du spectacle.
AA avec agence