DISPARITION – Malgré l’importance des moyens déployés pour retrouver la fillette, les enquêteurs n’ont jamais découvert de piste tangible...
9 janvier 2003: Estelle Mouzin, 9 ans, disparaît vers 18h à Guermantes (Seine-et-Marne), entre son école et son domicile, sur un itinéraire d'environ un kilomètre. D'importantes recherches sont aussitôt entreprises. Une information judiciaire pour «enlèvement et séquestration de mineur de 15 ans» est ouverte le lendemain à Meaux.
12 janvier: l'emploi du temps des 1.400 habitants du village est contrôlé. Leurs habitations seront perquisitionnées le surlendemain.
13 janvier: un homme est arrêté et relâché le lendemain. Dans les jours suivants, plusieurs personnes sont placées en garde à vue avant d’être libérées.
15 janvier: la photo d'Estelle est affichée à des milliers d'exemplaires en France.
7 février: un homme de 43 ans est arrêté en Avignon. Il a téléphoné plusieurs fois à la mère d'Estelle en lui annonçant la mort de sa fille. Il est condamné le 5 mars à 3 ans d'emprisonnement, dont un avec sursis.
11 mars: Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, annonce aux parents d'Estelle la création d'un «groupe d'enquête permanent».
18 mars: le procureur de Meaux déclare que l'une des «orientations» de l'enquête «est celle d'une personne avec des appétences pédophiles» mais qu'«aucune piste n'est exclue». Le même jour, 134 militaires ratissent en vain des bois autour de Guermantes. Un nouvel appel à témoin est lancé.
3 juin: début des interrogatoires de 1.200 habitants de Guermantes et de Conches-sur-Gondoire, village de l'école d'Estelle.
24 juin: le procureur distribue le portrait-robot d'un «témoin très important» et des photos d'un utilitaire blanc. Une fillette de l'école d'Estelle avait déclaré que cet automobiliste avait importuné la disparue trois semaines avant les faits.
16 décembre: dans toute la France, 75 personnes condamnées depuis 20 ans pour agression sexuelle de mineur ou enlèvement d'enfant sont contrôlées sans résultat.
24-25 mai 2004: un homme et plusieurs de ses proches sont arrêtés dans l'Oise et la région parisienne. Ils seront mis hors de cause.
20 juin 2006: le parquet de Charleville, en charge du dossier du tueur en série Michel Fourniret, transmet des éléments au parquet de Meaux. Un coup de téléphone lui fournit un alibi, et la police le mettra hors de cause le 6 janvier 2007.
16 janvier 2007: une jeune Belge victime d'une tentative d'enlèvement en 2002 en Belgique affirme reconnaître son agresseur dans le portrait-robot.
31 janvier 2008: la police effectue une perquisition et des arrestations dans un restaurant de Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), où la petite pourrait être enterrée. Finalement, l’information se révèle être une fausse piste.
17 janvier 2009: Les médias annoncent que les enquêteurs ont découvert une photo d’une fillette ressemblant à Estelle sur un site pornographique estonien. Là encore, il s’agit d’une impasse, car la photo en question a été mise en ligne avant que la disparition tragique.
19 janvier 2010: Un nouvel appel à témoins avec la publication d'une photographie vieillie d'Estelle Mouzin, a été lancé par la police.
L’avocat de la famille Mouzin a encore des doutes sur l’innocence de Michel Fourniret. Il entend demander de nouvelles investigations aux magistrats de Meaux. Par ailleurs, l’expert judiciaire mandaté pour identifier les personnes qui consultaient le site internet de l'association créée par Eric Mouzin n'a pas jamais rendu son travail, regrette le père d’Estelle.
M. L. Avec agence