Denis Baupin, candidat Verts à la mairie de Paris, précise son projet municipal en matière de déplacements pour «20 Minutes»...
Votre proposition d'instaurer des péages sur les autoroutes franciliennes et le périph, a provoqué un tollé. Allez-vous demander leur avis aux communes de banlieue?
Nous avons ouvert le débat, mais il doit y avoir concertation: ce péage doit-il être réservé aux véhicules les plus polluants (poids lourds, 4 x 4), uniquement à certaines heures de la journée? Il y a un besoin de financement pour les transports publics en Ile-de-France, et nous demandons s'il ne serait pas logique que ceux qui utilisent les routes participent à ce financement. C'est le principe du pollueur-payeur. Pourquoi les autoroutes franciliennes sont-elles les seules gratuites en France?
Vous voulez rendre les berges de Seine aux circulations douces. A quelle échéance?
En 2010. A ce moment-là, on aura renforcé les transports collectifs et la navette fluviale, des Hauts-de-Seine au Val-de-Marne.
Qu'en est-il de la fermeture partielle de la rue de Rivoli?
Il faut rendre cette rue plus attractive. Notre modèle, c'est Oxford Street à Londres qui est fermée de 9h à 18h à la circulation de transit. On peut imaginer laisser passer les résidents. Nous avons le même plan pour la rue de Rennes.
Vous voulez également créer des écoquartiers à Paris.
Paris doit devenir une éco-capitale. L'écoquartier, ce n'est pas un laboratoire que l'on met dans un coin pour faire joli, le reste de la ville restant identique. Nous avons ciblé des quartiers prioritaires en matière d'éco-construction et d'éco-rénovation (voir carte). Ça passe par la consommation énergétique, la récupération des eaux pluviales et des déchets, le tri, mais aussi une mobilité plus écologique.
Sur les aménagements de voiries, Bertrand Delanoë reconnaît des erreurs sur quelques boulevards. Les assumez-vous également?
Il y a une facilité à dire «j'assume des erreurs» en sous-entendant que ce sont les Verts qui les ont faites. Si des arbitrages n'avaient pas été faits sous le poids d'amis influents de Bertrand Delanoë, on n'en serait pas là. Tous ces projets ont été travaillés par les services techniques, je n'accepte pas que l'on dise qu'ils font mal leur boulot. Bien sûr qu'on peut améliorer, mais sur Saint-Marcel on a facilité la circulation des bus, des taxis et des cyclistes.
Et celle des piétons?
Il y a moins d'accidents, mais un sentiment d'insécurité. J'ai proposé qu'on mette un damier au sol sur le couloir de bus pour mieux l'identifier, mais cela a été refusé par le maire. Le vrai projet pour ces boulevards, c'est le «tram des gares».
Comment comptez-vous financer votre projet?
Nous présenterons ce chiffrage vendredi. Grâce au double statut de Paris, à la fois ville et département, nous avons trouvé des solutions innovantes en matière de fiscalité. Selon nous, il est légitime d'augmenter la fiscalité sur les riches et moins sur les démunis. Mais les impôts resteront inférieurs à la moyenne nationale.
Auriez-vous trouvé un moyen de délier taxes foncières et d'habitation pour augmenter l'une sans l'autre, ce que vous cherchez à faire depuis des années?
Voilà. Quand on présentera notre montage financier, ça apparaîtra évident.
Marielle de Sarnez, la candidate du MoDem, et vous, chassez sur les mêmes terres. Craignez-vous d'avoir à partager aussi les électeurs?
J'ai envie de dire aux électeurs de juger les gens à leurs actes et pas seulement à leurs promesses. Au Parlement européen, elle vote avec le lobby automobile. Et dire qu'elle va couvrir tout le périphérique est démagogique. Là où il est en surplomb ou en viaduc, on se retrouverait avec un mur de 15m de haut entre Paris et ses voisins! L'avenir, c'est de remplacer à terme le périph par un boulevard.
Les Verts ont la réputation d'avoir mené des bras de fer avec Delanoë. Comment définiriez-vous vos relations?
Nous étions la deuxième force de la majorité municipale - nous le serons encore demain - et nous devions peser pour faire avancer les dossiers dans le respect de nos électeurs. Mais nous n'avons pas vocation à être éternellement les adjoints des socialistes. Selon notre score en mars, nous revendiquerons des mairies d'arrondissement.
Vous n'imaginez donc pas que la gauche puisse perdre les élections?
Sauf coup de tonnerre politique, la gauche va gagner.