ENQUETE - Il est laissé libre mais a dû remettre son passeport…
Le trader de la Société générale
Jérôme Kerviel a été mis en examen lundi pour «abus de confiance», «faux et usage de faux» et «introduction dans un système de traitement automatisé de données informatiques».
>> Retrouvez notre dossier sur l'affaire qui secoue la Société générale depuis le 18 janvier.
Il a néanmoins été laissé en liberté, sous contrôle judiciaire, a annoncé son avocate Elisabeth Meyer. Cette dernière a ajouté qu'aucune caution n'avait été demandée. Une mise en liberté que conteste le parquet, qui va faire appel.
Interdit de quitter le territoire
Outre la remise du passeport et l'interdiction de quitter le territoire, le contrôle judiciaire comprend, selon une source judiciaire, l'interdiction de rencontrer ou d'entrer en relation avec toute personne travaillant à la Société Générale à l'exception du personnel de l'agence où le courtier détient ses comptes. Il lui est également interdit toute activité d'opérateur de marché et toute activité relative aux marchés financiers.
Les juges d'instruction chargés du dossier, Renaud van Ryumbecke et Françoise Desset, n'ont pas retenu les chefs de mise en examen «d'abus de confiance aggravé» et de «tentative d'escroquerie» requis par le parquet. Ils n'ont pas suivi non plus la demande de mise en détention du trader de 31 ans.
M. Kerviel est «mis en liberté, c'est une belle victoire mais ça n'est que justice», a déclaré Me Meyer. «Le parquet a demandé trop de choses de façon inconsidérée. Avec calme et raison, les juges s'en sont tenus aux incriminations en deçà de ce que le parquet réclamait», a ajouté son confrère Me Charrière-Bournazel.
Dissimulations
Le parquet avait demandé la mise en détention du trader qui
a «admis», lors de sa garde à vue, «avoir accompli certains actes et faits pour dissimuler» ses actions sur le marché, a annoncé lundi le procureur de Paris, Jean-Claude Marin.
Sa. C. avec agence