«Toute précaution a un coût pour l'entreprise»

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Publié le 28 janvier 2008.

FINANCES - Interview d'Aurélien Véron, homme politique libéral pour qui les pouvoirs publics n'ont pas à intervenir sur les marchés après le scandale de la Société générale…

Trois questions à Aurélien Véron, président d'Alternative Libérale (AL) et tête de liste AL/Nouveau Centre dans le 2ème arrondissement de Paris aux municipales. Aurélien Véron est par ailleurs banquier spécialiste des taux d'intérêt.

De nombreux hommes politiques sont montés au créneau après le scandale de la Société générale pour dénoncer certaines dérives des marchés financiers. Ne pensez-vous pas, comme eux, que davantage d'intervention des pouvoirs publics serait utile pour éviter un tel scandale?


Le risque zéro n'existe pas en économie, il est absurde de le vouloir. Bien sûr, un scandale d'une telle ampleur mérite un traitement. Mais c'est à l'entreprise, en l'occurrence, la Société générale, de vérifier ses procédures internes, ce n'est pas le rôle des pouvoirs publics. La gouvernance de l'Etat est une catastrophe: la fraude existe également dans les domaines public et para-public. Les contrôles des risques sont particulièrement élevés en France où toutes les banques ont signé les normes de risque internationales dites «Bâle II».

Mais le fait que le scandale ait pu avoir lieu prouve que les contrôles actuels ne suffisent pas…

Les marchés sont imparfaits par nature, les hommes sont imparfaits. Nous sommes dans un système dynamique dans lequel des secteurs d'activité apparaissent et disparaissent. Le chiffre d'affaires des banques augmente, leur risque aussi. Mais malgré cela, les scandales sont relativement rares. Toute précaution a un coût pour l'entreprise et si elle est trop importante, elle peut tuer l'activité. Il faut donc que chaque entreprise trouve elle-même un juste milieu entre prise de risque et précaution. Le marché s'auto-régule tout seul. Ainsi je suis sûr qu'après ce scandale, la gestion des risques à la Société générale va s'améliorer. Mais la gestion des risques est un métier en soi, je ne peux pas vous dire concrètement comment l'améliorer.

Vous ne semblez avoir aucune inquiétude après un tel scandale…

C'est l'affaire de la Société générale, de ses salariés, de ses actionnaires. Mais il existe désormais deux risques. Premièrement, qu'un tel scandale nuise à l'image de la place de Paris. Ce qui poussera les entreprises françaises à délocaliser leurs activités à Londres. Deuxièmement, comme les petits porteurs et les investisseurs se dégagent du capital de la Société générale, il existe un risque qu'elle devienne la proie évidente pour une banque étrangère qui voudrait grossir.
Propos recueillis par Alexandre Sulzer
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