EDUCATION – La Ligue des droits de l'homme parle d'«atteinte à la vie privée»...
«Nos enfants sont fichés, ne nous en fichons pas.» Déjà plus de 8.000 signatures pour l
a pétition lancé jeudi par la Ligue des droits de l'homme (LDH) contre la «Base élèves», un logiciel qui recense toutes les informations sur votre enfant scolarisé.
Avant, il y avait les traditionnelles petites fiches cartonnées à faire remplir en début d'année par les parents d'élèves. Aujourd'hui, il y a
«Base élèves», un logiciel qui fait polémique. Mis en place en décembre 2004 par le ministère de l’Education nationale et validé par
la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), l'objectif affiché est de simplifier les tâches de direction. Etat civil, besoins éducatifs, toutes les informations sont regroupées dans un fichier unique auquel les écoles, les communes et l’administration centrale ont accès.
«Un danger pour les libertés publiques»
Après avoir été expérimenté dans une vingtaine de départements, ce système est aujourd'hui en voie de généralisation. Pourtant, les inquiétudes et les protestations se multiplient. «C'est une véritable atteinte à la vie privée», dénonce de nombreuses associations de parents d'élèves dont
la Fcpe.
«C'est un danger pour les libertés publiques. Ces informations vont suivre nos enfants pendant toute leur scolarité», affirme Jocelyne Guillebert, mère de deux petites filles et militante pour la Ligue des droits de l'homme. Je dis non à la Base élèves. Certains parents ne sont même pas encore au courant parce que ce système n'a jamais fait l'objet d'un débat public.»
Déjà plus de 8.000 signatures
La pétition lancée jeudi a déjà recueilli
8.057 signatures. Parmi elles, on retrouve la FSU, la CGT, la Confédération syndicale des familles, la Ligue de l'enseignement, ou encore Sud Education. «La nature des données personnalisées que souhaite recueillir l'administration (difficultés scolaires, absentéisme, Rased (accompagnement spécifique des élèves en grande difficulté) lieu de naissance...) va au-delà de ce que nécessite la gestion des établissements scolaires»,
dénonce la LDH.
«Il n'y a vraiment aucun intérêt pédagogique à coller des étiquettes aux élèves. Il y a des enfants qui ont des périodes difficiles avec, par exemple, de l'absentéisme chronique, mais qui réussissent à surmonter cela. Avec ce système, cela va les poursuivre toute leur scolarité», explique Jean-Paul Toubiron, directeur d'école dans l'Essonne.
M.A.