SCANDALE - Une plainte est déposée pour délit d'initié et manipulation de cours...
Une odeur de délit d'initié? Un membre du conseil d'administration de la Société Générale, Robert A. Day, a vendu 85,7 millions d'euros d'actions de la banque au prix de 95,27 euros par action le 9 janvier, a indiqué l'Autorité des marchés financiers lundi dans un avis.
«Lié» à deux fondations
Deux fondations auxquelles il est «lié» selon l'AMF, la Robert A. Day Foundation et la Kelly Day Foundation, ont vendu respectivement le 10 janvier pour 8,63 millions d'euros et 959.066 euros d'actions.
M. Day est administrateur de la banque depuis 2002.
L'action Société Générale a perdu plus de 22% de sa valeur entre la clôture du 9 janvier et celle de vendredi.
L'avocat d'une centaine d'actionnaires de la Société Générale, victime d'une «fraude» de 4,9 milliards d'euros, a annoncé lundi avoir déposé une nouvelle plainte contre X auprès du procureur de Paris pour «manipulation de cours» et «délit d'initié».
Le PS réclame une commission d'enquête
Le PS a réclamé lundi la création d'une commission d'enquête parlementaire pour avoir «des explications claires» de la direction de la Société Générale sur son comportement dans l'affaire. Stéphane Le Foll, bras de droit de François Hollande, a soulevé, «au-delà de questions plus vastes sur la manière de maîtriser et de mieux maîtriser un système financier qui s'emballe», celle de «la responsabilité de la direction qui, semble-t-il, a à la fois surréagi et sous-informé».
Le responsable socialiste a affirmé qu'il n'était «pas acceptable qu'on apprenne par le Premier ministre qu'il n'a été prévenu que jeudi, trois jours après la découverte» des faits. «Qui a été prévenu, et à quel moment? il y a une nécessité de transparence», a-t-il ajouté.
En outre, a estimé Le Foll, la Société Générale «a réagi en vendant massivement, ce qui a fait chuter les cours, et la perte est d'autant plus grande que la direction de la Société Générale n'a pas agi avec prudence et sérénité dans ce dossier».
Faire la lumière pour l'UMP
L'UMP, quant à elle, souhaite que les autorités fassent la lumière sur les défaillances qui ont permis la fraude. «Il y a nécessité de comprendre pourquoi les contrôles internes n'ont pas fonctionné», a déclaré Yves Jégo. «Et il faut sans doute accompagner la Société Générale, pour que ce moment où on parle beaucoup d'elle ne soit pas mis à profit, par des banques étrangères en particulier, pour essayer de la racheter», a-t-il déclaré.
Avec agence
Démission?
Nicolas Sarkozy a appelé, lundi, à demi-mots, à la démission de Daniel Bouton, PDG de la banque. Une crise comme celle de la Société Générale «ne peut pas rester sans conséquences s'agissant des responsabilités», y compris au plus haut niveau, a-t-il estimé.