Sera-t-il élu dès le premier tour comme en 1989, 1995 et 2001 ou devra-t-il cette fois attendre la seconde manche des municipales? Voilà la seule véritable inconnue des élections à Nantes. Car, comme à chaque fois qu'il remet son mandat en jeu, Jean-Marc Ayrault a endossé le costume de grand favori. Confiant dans son bilan et dans un électorat qui semble pencher de plus en plus à gauche, le député-maire sortant se présente avec une liste renouvelée à moitié sur laquelle figure un fort contingent de socialistes, bien sûr, mais aussi les Verts, le PC et des personnalités non encartées.
Face à lui, et c'est une nouveauté, pas moins de cinq formations auront à coup sûr leur propre liste. Celle de l'UMP sera emmenée par Sophie Jozan, conseillère municipale de 51 ans. Désignée candidate sur le tard et ne faisant toujours pas l'unanimité autour d'elle, cette prof d'économie aura la lourde tâche de redorer le blason d'une droite nantaise laminée aux dernières législatives. «Je suis convaincue qu'on peut gagner, affirme Jozan. Il est temps de mettre fin à l'hégémonie du prince [Ayrault]. Avec de l'acharnement, on peut réussir.»
Elle devra composer sans le soutien du MoDem qui, contrairement à l'UDF en 2001, a décidé d'y aller seul. A sa tête : Benoît Blineau, kiné de 46 ans et conseiller municipal d'opposition. Enfin, à l'extrême gauche, Lutte ouvrière et la LCR partent sur des listes distinctes. Le Parti des travailleurs et deux listes de «citoyens» songent aussi à se présenter.
longévité S'il obtenait un quatrième mandat, Jean-Marc Ayrault entrerait, à 58 ans, dans les annales de la ville. Ses vingt-cinq ans à la tête de la mairie seraient en effet un record à Nantes. Mais ce mandat pourrait bel et bien aussi être son dernier. « Je ne suis pas éternel, confiait-il à 20 Minutes le 27 novembre dernier. Tout homme politique doit savoir passer le relais. C'est pour ça que ma mission est aussi de préparer aux responsabilités des gens nouveaux, plus jeunes, pour être prêts le moment venu. »