Le festival de la bande dessinée d'Angoulême a confirmé hier la réussite de son édition 2008 en attribuant, pour la première fois de son histoire, son grand prix à un duo. Le couronnement de Dupuy et Berberian (lire ci-dessous) fait en effet l'unanimité. Leur sacre clôt donc un festival remarquable en ce qu'il s'est adressé à l'ensemble des amateurs de bande dessinée, alors qu'on lui reprochait jadis un certain élitisme. Le public ne s'y est pas trompé : on a recensé plus de 220 000 visiteurs, venus aussi bien pour découvrir la BD d'auteur que pour honorer les Schtroumpfs créés par Peyo voici cinquante ans. Le stand Unicef, où étaient mises en vente des figurines des petits lutins bleus « grandeur nature », aura même arraché les plus jeunes à la lecture de leurs chers mangas. Pourtant, et c'était aussi une première cette année, un espace était entièrement dédié à la BD made in Japan : le Manga Building, qui n'a jamais désempli... même pas durant les journées scolaires, les professeurs de la région ayant eux aussi succombé à la « fièvre jaune ».
Les amateurs d'une bande dessinée plus exigeante auront aussi trouvé de quoi satisfaire leur soif de découvertes avec de nombreuses expositions, dont le splendide panorama de la BD argentine concocté par le dessinateur José Muñoz, président désormais sortant. Enfin, même les éditeurs jubilent : pour Guy Delcourt, « cette année, tout s'est remarquablement passé », et Didier Borg, des éditions Kster, confirme que « le plaisir semble avoir su fédérer tous les cercles d'amoureux du 9e art ».