Tir groupé contre la grève des fonctionnaires

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Publié le 24 janvier 2008.

SOCIAL – Les manifestants ne battent pas encore le pavé que le gouvernement critique le mouvement…

Les manifestants ne battent pas encore le pavé que le gouvernement leur savonne le chemin. Depuis quelques jours, les piques fusent contre la grève des fonctionnaires.

Et c’est Xavier Darcos, le ministre de l’Education, qui a ouvert les hostilités mercredi, veille du mouvement, au micro de l’Assemblée nationale. «On ne sait plus d'ailleurs très bien les motifs de cette grève, c'est une sorte de rituel auquel les Français finissent par s'habituer comme un mauvais moment à passer», a-t-il déclaré, en réponse à une question de Nicolas Forissier, député UMP de l'Indre.
 
«La grève n'est plus un moyen adapté»
 
Et d’ajouter: «Il y aurait des moyens un peu plus modernes en France pour poser les questions relatives à l'évolution du système éducatif». Le ministre a ensuite justifié la mise en place du service minimum que les manifestants dénoncent comme une volonté de casser la grève. «Ce n'est pas parce qu'on veut manifester un droit que, pour autant, il faut accroître la pénibilité pour des gens qui n'en demandent pas tant», s'est défendu Xavier Darcos.
 
Le lendemain, jeudi, André Santini lui emboîte le pas. «La grève aujourd'hui ne correspond plus à rien. Il faut passer son temps à dialoguer, à discuter mais prendre les usagers et les administrés en otage, c'est complètement dépassé», soutient le secrétaire d'Etat à la Fonction publique à 20 Minutes. Il affirme «que la grève n'est plus un moyen adapté» et que «le public ne le supporte pas». Le gouvernement se serait-il passé le mot? Et André Santini de brandir un argument ultime: «Qui paye le pouvoir d'achat? C'est quand même le contribuable», selon le secrétaire d'Etat, qui ajoute, en parlant des fonctionnaires: «au moins, on les paye».
 
«Rituel syndical»
 
Le même jour, le ministre du Budget, Eric Woerth lui fait écho, reprenant le concept de la prise d’otage à son compte. «La première victime de la grève, c'est l'usager des services publics», estime-t-il dans un entretien publié jeudi par «France Soir». Le ministre ne croit pas «qu'elle soit populaire auprès du patient qui attend des soins, de l'usager qui attend au guichet de la mairie ou de la maman qui ne peut amener son enfant à l'école». Comme Xavier Darcos la veille, Eric Woerth juge que la grève est «un geste qui relève du rituel syndical».
 
La dernière pique pour enterrer la grève, du moins les arguments des manifestants, viendra de nouveau d’Eric Woerth. Le ministre du Budget déclare, jeudi matin, sur LCI, que le gouvernement fera une annonce le 18 février sur l'augmentation du point d'indice, qui sert de base au calcul du traitement des fonctionnaires. «Le point d'indice augmentera, ce n'est pas un scoop, je l'ai déjà dit», affirme-t-il sans préciser le montant possible de cette augmentation. Une façon de couper court aux revendications des manifestants et de semer le trouble sur la pertinence d’une grève.
Sandrine Cochard
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